Rose Eken – CAN @ V1 Gallery

      L’artiste danoise Rose Eken est connue pour ses sculptures en céramique d’objets du quotidien, elle a commencé en reproduisant les détritus des concerts punk auxquels elle assistait. Depuis elle en a tellement réalisées que sa démarche s’apparente quasiment à une étude anthropologique. Pour sa nouvelle exposition à la V1 Gallery, intitulée CANRose Eken s’appuie sur une oeuvre qu’elle a réalisée l’année passés, Homage A Pollockin, et qu’elle prolonge ci en peintures.

      Homage A Pollockin (ou Hommage à Pollock en français) est un ensemble de sculptures en céramiques, 22 au total, reproduisant des pots de peintures que l’artiste avait vues sur une vieille photo du studio de Jackson Pollock (comme celle qu’on vous a postée ci-dessus, peut-être même qu’il s’agit de la photo en question).

D’ailleurs ces pots de peinture sont toujours visibles dans le studio de l’artiste américain, conservé en l’état et qu’on peut même visiter. Pour la petite histoire, ces pots de peinture ont servi à identifier une peinture de Pollock grâce aux empreintes digitales de l’artiste prises dans la peinture, c’est ce qu’on peut apprendre dans le documentaire Who the $&% Is Jackson Pollock?.

Bref pour revenir à Rose Eken, celle-ci était fascinée par cette image et elle s’est remise à travailler dessus en réalisant toute une série de peintures sur verre. La technique s’appelle précisément Tinsel Painting. C’est une technique qui consiste à peindre sur l’envers du verre, en y collant aussi des feuilles de métal peintes et froissées. Pratiquée surtout en Amérique, par des femmes à la fin du XIXème siècle, l’artiste avait découvert cette technique  lors d’une visite au American Folk Art Museum de New York, qui y consacrait une exposition. Pour CAN, on retrouve exposées quelques céramiques de Homage A Pollockin et Rose Eken dévoile aussi une quinzaine de peintures sur verre sur lesquelles elle a travaillé pour son expo. Elle y a peint encore et encore les outils de Pollock qu’elle a pu voir sur cette photo: les pots et les tubes de peinture, les pipettes, les pinceaux, le bidon d’essence de térébenthine et même ses bottines.

Rose Eken se réapproprie ainsi les outils du fameux peintre américain avec une technique très minutieuse, douce, et majoritairement employée par des femmes. Il en résulte un ensemble d’oeuvres finalement à l’opposé de l’expressionnisme abstrait de Pollock. A noter que l’artiste a également réalisé une petite série de linogravures sur le même thème, on vous en a mis quelques photos aussi ci-dessous.

Installation pics by Jan Søndergaard, courtesy of Rose Eken & V1 Gallery

 
 

Rose Eken – CANV1 Gallery

Jusqu’au 14 janvier 2017 à Copenhague.

 

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