Recap: Boris Tellegen – ∇ @ Alice Gallery

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      Jeudi dernier nous nous sommes rendus à la Alice Gallery pour aller à la rencontre de Boris Tellegen qui présentait sa toute nouvelle expo solo, . Oui le titre de l’expo, c’est la lettre grecque Δ (Delta) à l’envers mais on peut également l’appeler ATLED, comme nous l’a expliqué l’artiste. Vous l’aurez compris cela fait référence au pseudo qu’utilisait Boris Tellegen pour le graffiti, pseudo sous lequel il s’est fait connaitre et par lequel ses fans l’appellent encore souvent.  De cette manière, en renversant les lettres de son pseudo, il nous fait comprendre que l’artiste contemporain et le graffeur sont deux facettes d’une seule et même personne, aux pratiques différentes, mais intrinsèquement liées.


 

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        Ce ATLED on le retrouve sur l’une des plus belles pièces de l’exposition, une sculpture en bois qui fait également office de petit cabinet. En effet cette oeuvre, sur laquelle on peut justement lire les lettres inversées de son pseudo, renferme tout un tas de petites portes secrètes derrières lesquelles ont peut cacher différents objets. La réalisation est superbe, et ravit les fans que nous sommes et qui adorent lorsque Boris Tellegen joue de cette manière avec ses lettres en 3D isométrique. On peut aller jusqu’à parler de métaphore en pensant à ces différentes facettes qui se cachent derrière ce DELTA inversé. Face à cette oeuvre, entre meuble et sculpture, on peut voir quelques sketchs réalisés par l’artiste et des collages dans lesquels il a trituré ces cinq lettres dans tous les sens, jusqu’à même parfois les faire disparaitre, leurs morceaux disséminés dans l’oeuvre finale.

 

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      Outre cette jolie surprise, la nouvelle expo de Boris Tellegen ne déçoit pas: on y découvre tout une série de nouvelles oeuvres, quelques petits formats utilisant du papier, mais surtout des pièces plus imposants qu’on n’a de cesse de scruter dans tous les sens. C’est la grande force des oeuvres de l’artiste néerlandais, on peut passer énormément de temps à juste survoler une de ces oeuvres. Oui survoler est le verbe approprié lorsqu’on imagine regarder, comme pour ses grands collages papier, une mégalopole futuriste, avec ces innombrables gratte-ciels qui viennent toucher les nuages qui prennent ici la forme de papier déchiré. A chaque nouvelle plongée dans l’univers de l’artiste, notre oeil suivra de nouveaux chemins, de nouveaux rythmes, car que bien les compositions de l’artiste soient extrêmement complexes, elles fonctionnent, c’est un chaos organisé qu’il a développé strate après strate. D’ailleurs si vous vous amusez à prendre des photos en détail des oeuvres accrochées à la galerie, vous vous rendrez compte qu’on peut en prendre des centaines, et qu’à chaque fois elles mettent en lumière un morceau de structure qui pourrait être une composition en elle-même.

 

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      L’artiste nous a aussi expliqué qu’il travaillé de différentes manière suivant le type d’oeuvres. En ce qui concerne les collages papier, dont on vous parlait plus haut, Boris Tellegen les travaille posés à plat, et ajoute les matériaux au fur et à mesure sans architecture prédéfinie en tête. La construction de ces oeuvres est pour lui une réelle pratique méditative, à la manière d’un mandala. A l’inverse, pour ses installations plus imposantes utilisant bois et autres matériaux de construction, l’artiste définit souvent un schéma au préalable. A propos de ces matériaux, l’artiste nous a confié que pour Conclusion, le plus grand format de l’exposition visible ci-dessous, il avait réutilisé ceux qu’il avait déjà inclus dans différentes installations réalisées auparavant, ils les a utilisés ici une dernière fois, les scellant dans cette oeuvre avec toute l’histoire qu’ils portent, pour finir leur vie accrochés au mur d’un heureux collectionneur.

 

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      Il y a beaucoup d’autres choses à découvrir dans cette expo, comme par exemple ce monolithe suspendu au plafond et dont on peut découvrir la face avant et la face arrière, et même voir au travers, il y a également une série de nouvelles sculptures, elles aussi monolithiques, et réalisés en bêton (c’est une édition d’une vingtaine d’exemplaires pour info). Mais disons encore quelques mots sur ce qu’on aime beaucoup dans les oeuvres de Boris Tellegen. Pour nous, cette exposition est un roman d’anticipation graphique, une vision de notre futur uniquement picturale au travers de laquelle on fait l’expérience, à la fois fascinante et angoissante, de ce qui nous attend: des mégalopoles gigantesques qui s’élèvent jusqu’aux cieux, des réseaux de transport qui s’étendent à l’infini, le règne de l’hypercommunication et de la pollution dans un univers technologique dont la complexité nous laisse tout autant éblouis que terrifiés. On vous encourage à en faire votre propre expérience en vous rendant à la galerie et si vous ne pouvez faire le déplacement nous vous proposons quelques photos ci-dessous

 

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All pics courtesy of Boris Tellegen & Alice Gallery

 
 
 

Boris Tellegen – ∇ @ Alice Gallery

 

Jusqu’au 20 février 2016 à Bruxelles

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