PAL Crew – TOY @ FRAC Nord Pas de Calais

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Hier soir avait lieu le vernissage de l’expo du PAL Crew au 3ème étage du FRAC Nord Pas De Calais, superbe bâtiment transparent posé à quelques mètres de la mer du Nord. Outre le nom et le thème de l’expo, TOY, nous n’avions pas plus d’infos et c’est donc avec une surprise totale que nous avons découvert le travail réalisé ces derniers mois par les membres du fameux crew parisien (on parle de graffiti pour les gens qui débarquent).

 

Prélude à l’ouverture des bouteilles, Morgan Pavaut, initiateur de l’expo, ainsi que les PAL en présence (si on a bien compté tous sauf Horfée parti préparer sa nouvelle expo sous le soleil californien) nous ont fait une petite lecture des oeuvres, très bonne idée qui devrait être reproduite plus souvent. On préfère en effet de loin entendre les artistes parler de leur travail plutôt que de lire un long texte pompeux et rébarbatif. Et ce petit tour d’expo en compagnie des artistes était ma foi fort bien venu car ici on est dans l’ambiance du FRAC, c’est à dire que c’est la reflexion qui est mis à l’honneur. Ne vous attendez pas à un accrochage collectif d’oeuvres ou encore à des photos du crew en action, les PAL ont choisi ici, au travers de TOY, de nous apporter leur reflexion commune sur ce terme Street Art qui est maintenant dans tous les médias, galeries et autres boutiques.

 

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Les artistes du collectif font donc leur critique du Street Art, terme fourre-tout dans lequel on a mis, bien malgré eux, tous les artistes issus du graffiti. On ne va pas se mentir, on emploie aussi souvent ce terme, par fainéantise, alors qu’on devrait juste parler d’un artiste en tant que tel, sans lui coller une étiquette qui devient de plus en plus un outil marketing. Bref cette expo fait réfléchir, et c’est en 4 temps, pour autant d’installations, que les PAL nous font part de leur agacement. Ils sont d’ailleurs même plutôt très énervés et se lâchent sur cette grand bâche reproduisant l’une des « oeuvres » censées, selon Google, représenter le meilleur du Street Art, et ce à coup de couteau et autre sandwich (référence, pour la petite histoire, à une anecdote vécue durant leur passage aux Beaux Arts). On découvre aussi une grande sculpture, une installation avec des imprimantes, qui nous vomissent du street art au km et un grand mur reconstitué avec un graffiti qu’ils ont sabordé, toyé à mort. TOY, en langage graffiti, c’est à la fois le bleu, le bouffon qui débute et l’acte de recouvrir une réalisation existante, souvent une attaque directe envers celle-ci ou son auteur. Les PAL se placent ici entre les deux, ils attaquent le Street Art mais en tout bouffonnerie, on n’est pas dans l’agression mais le collectif tourne plutôt la chose en dérision, avec la totale liberté qu’on leur connait.

 

C’est donc à une pause fraicheur entre deux expos Street Art que le collectif nous invite, histoire d’éviter l’indigestion et de réveiller notre sens critique s’il était endormi. Et il faut avouer que ça fait du bien: on se remet les idées en place et ici même, sur ce blog, on ne vous parlera plus de Street Art, ou d’art urbain, ou d’art contemporain mais juste des artistes qu’on aime bien, et ça tombe bien les PAL en font partie.

 
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