Mission Paul Loubet @ Galerie Bomma

 

      Décembre dernier (oui on s’est remis à faire nos posts en retard), la galerie Bomma présentait à Paris une exposition personnelle de l’artiste français Paul Loubet. Intitulée Mission Paul Loubet, le show s’articulait autour de peintures et de sculptures en bois.

      De prime abord, Mission Paul Loubet a un caractère très ludique, vidéoludique même. En effet, si on jette un oeil aux grands formats présents dans l’accrochage, on retrouve cette peinture minimaliste avec de touts petits personnages formés de minuscules touches de couleurs à l’instar de la poignée de pixels dont étaient faits ceux des jeux vidéo 8bits. Ces petits personnages se baladent dans de grandes étendues géométriques qui apparaissent comme des compositions abstraites. Réalisées à l’acrylique et à la peinture glycéro, ces grands formats jouent aussi sur des contrastes entre zones mates et brillantes. La peinture la plus folle est certainement la Maman Drone sur laquelle prend place un drone géant constitué lui aussi d’une association d’éléments géométriques simples, contribuant à maintenir ce flou en figuration et abstraction.

 

      Les drones, qui sont des éléments récurrents dans le travail récent de l’artiste, sont ici omniprésents. Et pour cause, au delà de l’aspect enfantin qui se dégage des différentes oeuvres, notamment des sculptures, Paul Loubet vient aussi nous parler de cette nouvelle manière de surveiller, contrôler et de tuer: avec ces nouvelles technologies, caméra ou drones controlés au joystick, la guerre, le contrôle du peuple s’apparente à un vrai jeu vidéo, ce qui amène à de nouveaux questionnements. L’artiste a donc réalisé des sculptures, des sortes de jouets en bois qui ont l’apparence de drones ou de consoles de jeux vidéos, et on en oublierait presque, sous cette apparence naïve et fragile, les drones tueurs qu’ils sont censés controller. Au travers de cette nouvelle exposition, Paul Loubet montre une fois de plus qu’il n’est jamais à court d’idée et il continue de développer cet univers à l’esthétique naïve qui pourtant nous fait réfléchir sur notre futur. L’expo comme vous l’avez compris s’est achevée il y a quelques semaines mais nous avons fait le plein de photos.

 

Avec un mécanisme rudimentaire, alimenté par des piles, les hélices des drones de bois de l’artiste pouvaient même tourner.

La Maman Drone existe aussi sous la forme d’une petite sérigraphie 4 couleurs très réussie, vendue au tout petit prix de 20€, quelques exemplaires sont encore dispos sur le site de la galerie Bomma ici.

 

Un très chouette alphabet drone peints sur des diapositives.

Le catalogue de l’exposition a été réalisé à la main par l’artiste.