Machine show @ Library Street Collective

      La galerie Library Street Collective présente actuellement une exposition collective très intéressante qui s’intitule Machine Show. C’est le texan Paul Kremer qui a curaté le show, réunissant autour de lui Mark FloodMOMO et Jason REVOK. Les pratiques des quatre ont en commun la nécessité d’imaginer et de créer leurs propres outils qui leur permettent d’aller au bout de leur création. Machine Show met en lumière ces outils et techniques originales, ils font partie à part entière de l’oeuvre de chacun, et la réalisation d’une peinture devient un vrai spectacle, une performance. Passons en revue le travail de nos quatre artistes.

     A tout seigneur, tout honneur on commence par le curateur de l’expo, Paul Kremer. On l’avait vu via les photos de son studio qu’il poste sur son compte instagram, il travaille avec des chevalets totalement customs, complètement fous de par leur aspect, l’artiste les a peints avec les  couleurs pétantes de sa palette habituelle et on dirait même de vrais sculptures. En fait ces chevalets ressemblent à de grand rocking chair avec une grand croix pivotante pouvant accueillir la toile. C’est avec son ami Roy Kersteins que Paul Kremer a imaginé un premier chevalet, il voulait pouvoir laisser couler la peinture sur la toile tout en en contrôlant le flux, en faisant pencher plus ou moins le support. Ils ont par la suite conçu un deuxième chevalet du même type, encore plus improbable avec cette fois la possibilité de tourner la toile dans tous les directions ce qui permet à Paul Kremer de diriger à 360° le sens dans lequel la peinture coule.

      C’est de cette manière qu’il a réalisé les peintures totalement inédites qu’il dévoile dans cette expo. Il a créé des formes abstraites ressemblant à des animaux, à des chaises, etc… uniquement en guidant la peinture et en contrôlant avec son chevalet la direction dans laquelle elle se dirige (c’est un peu plus parlant dans les vidéos qu’on vous a postées ci-dessous), la course folle du fluide vient finalement, de manière assez surprenante , dessiner quelque chose d’identifiable, on prend le même plaisir qu’à trouver des formes dans les nuages. Avec cette technique originale, l’artiste parvient surtout a obtenir un rendu lui aussi inédit, les formes ainsi dessinées par la gravité ont un aspect très fluide qui garde la dynamique du mouvement qui les a créées.

     Après avoir élaboré ses chevalets, Paul Kremer s’est demandé si d’autres artistes avaient eux aussi imaginé de tels outils pour réaliser leurs oeuvres et c’est de là qu’est née l’idée du Machine Show. A ses côtés on retrouve donc par exemple MOMO qui présente une série de nouveaux collages ou plutôt d’arrachages comme on avait pu en voir lors de sa dernière expo personnelle qui avait eu lieu à la Alice Gallery. Ici comme pour les autres, l’outil imaginé par l’artiste fait partie de l’accrochage, attaché au mur telle une sculpture. C’est avec l’aide d’Andrew Schrock, que MOMO a conçu sa machine, un treuil qui vient tirer délicatement, le processus peut prendre des heures, sur une ficelle qui déchirer au fur et à mesure les strates de papier collé par l’artiste sur le support.

      La composition finale révélée à la fin du processus porte les stigmates de l’arrachage, parviennent à capturer une part du mouvement qui leur a donné naissance et à l’instar des peintures que présente Paul Kremer, il y a cette surprise de l’oeuvre finale, qu’on ne peut totalement prévoir à l’avance. Pour la petite histoire MOMO a eu l’idée de cette technique pour la première fois dans la rue en 2006, là l’oeuvre restée cachée, seule un fil pendait et il fallait qu’un passant ait la curiosité de tirer sur le fil pour que l’oeuvre se révèle. Alors du coup on se dit que ce serait cool une série d’oeuvre façon pochette surprise où l’acquéreur viendrait lui même tirer sur la corde pour découvrir l’oeuvre qu’il vient d’acheter.

      On continue avec Jason REVOK et Mark Flood. Dans le cas de Mark Flood, c’est un super-pinceau comme il l’appelle lui-même qui a été conçu. Cette rangée de pinceaux permet à l’artiste d’insuffler du mouvement à sa peinture, en passant et en repassant sur celle-ci, l’outil lui permet de créer comme des ondes, des vagues hypnotiques. Jason REVOK lui aussi vient montrer ici un outil qui permet de peindre en parallèle non pas avec des pinceaux mais avec des bombes de peintures. Un peu plus fou, il expose aussi une grande roue crantée, une sorte de spirograph géant qui vient non pas accueillir un stylo mais une bombe de peinture permettant ainsi de réaliser des rosaces complexes. La beauté mathématique du tracé tranche avec l’effort physique violent à fournir pour manipuler la machine, encore une fois vous pouvez voir ça un peu mieux en vidéo.


      Nous terminons avec une dernière série de photos de l’accrochage et des oeuvres présentées.

 

All pics courtesy of the artist & Library Street Collective.

 
 Machine show @ Library Street Collective

Jusqu’au 23 décembre 2017 à Détroit.

 

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