Ken Sortais with Skubb – KEVIN @ HLM

      Après avoir présenté un exposition personnelle à la Straat Galerie ne octobre dernier, Ken Sortais est de retour sur Marseille pour un autre projet toujours centré autour de son trvail de sculptures. Intitulé KEVIN, cette nouvelle exposition se tient encore jusque demain à HLM (Hors Les murs), un espace de d’exposition mutualisé par tous les membres de Marseille expos et qui en assurent la programmation, et donc ici c’est la Straat Galerie qui propose cette exposition.

       Le lieu avait déjà accueilli d’autres membres du PAL crew, avec l’exposition Honte de Saeio et Tomek. D’ailleurs Ken Sortais n’est pas venu seul non plus car il a collaboré avec Skubb, un autre membre de l’équipe de graffeurs. La dernière fois qu’on avait croisé Ken Sortais (pour son expo Ame Prise à Paris) l’artiste nous avait raconté ce qu’il avait vu lors de son voyage au Cambodge et notamment les statues vandalisés par les pilleurs. Ici il est à nouveau question de statues volées, brisées mais l’artiste parisien a imaginé tout un contexte, une histoire et un personnage dénommé KEVIN comme support à ce nouveau travail. En lieu et place de la note d’intention, voici le pitch de l’expo:

       KEVIN est un fétichiste de l’art statuaire, prêt à tout pour satisfaire ses désirs de possession. C’est un semeur de trouble instable, maniaque, marginal et susceptible.

La nuit, KEVIN sort de son antre et se livre à des actions de destruction sur ces statues qu’il aime tant.

De ses interventions sauvages, KEVIN s’approprie certains fragments qu’il conserve religieusement dans son repaire, trou noir à l’allure de caverne.

Dans cet espace hors du temps qui est peut-être sa maison, KEVIN élabore des installations inédites associant des parties de statues cassées à de monstrueux monotypes empourprés. Les compositions sont improbables et inquiétantes, à l’image de la personnalité de leur créateur.

Ces offrandes semblent répondre à un culte…mais lequel ?

      On aime beaucoup l’idée de ce personnage, une sorte de dédoublement de personnalité de l’artiste qui – ses dernières années a été amené à réaliser des moulages furtifs, parfois abîmant lui-même certaines statues. Dans l’exposition on pénètre dans l’antre de KEVIN mais on peut apercevoir le personnage dans des vidéos qu’ont réalisées Ken Sortais et Skubb. Dans ces mises en scènes, on peut apercevoir l’individu en question, vêtu d’un bleu de travail, une sorte de masque grec sur la tête arraché probablement à une statue, un peu à la manière d’Hannibal Lecter qui lui s’était emparé d’un vrai visage. Skubb a filmé ces vidéos  comme un documentaire, suivant au plus près les sorties nocturnes de KEVIN. Ce dernier reste muet, laissant planer le doute sur sa psychologie, est-il totalement fou ou est-ce un fétichiste obsédé mais conscient de ses actes?



      Parfois aussi le film est un peu plus esthétisé, plus cinématographique et ce n’est pas anodin car les références au 7ème art sont nombreuses dans cette exposition. En effet l’installation présente un mélange entre sculptures et images imprimées. La collection de statues démembrées, arrachées par KEVIN repose sur des socles et autre supports, sur lesquels on retrouve des images des visages criards des statues mêlées à des gros plans du masque angoissant de KEVIN. Ces imprimés sont rouge sang et offrent, avec le gris de ces statues sans vie, un superbe contraste de couleurs.  Aussi le regard glacial de KEVIN et les cris des statues de ces images sont comme des flashs tout droit sortis d’un film d’horreur, et lavées de sang on pense au film Carrie de Brian de Palma. Skubb nous a expliqué en fait qu’il vouait une admiration sans limites pour le réalisateur américain, une admiration qu’il a transmis à Ken Sortais et c’est d’ailleurs à Nancy Allen, l’actrice fétiche de Brian de Palma, que les deux artistes ont donné un nouveau rôle pour leur exposition. On peut en effet découvrir de multiples captures d’écrans de l’actrice, imprimées plusieurs fois sur du papier thermique et collées encore et encore sur un immense panneau pour le recouvrir au final dans son intégralité. Nancy Allen joue donc ici le rôle d’une idole vénérée par la folie de KEVIN qui lui a consacré cet autel macabre et obsessionel.

      Au final ce qu’on aime beaucoup dans l’exposition, outre le rendu visuel très réussi, c’est que KEVIN a une part de Ken Sortais et Skubb en lui,et au travers de cette installation et de son scénario on redécouvre les pratiques et les obsessions de deux artistes. L’exposition est à voir jusqu’à ce samedi 1er avril au HLM mais si vous n’êtes pas sur Marseille voici une dernière série de photos que nous a envoyées la

All pics courtesy of Ken Sortais, Skubb & Straat Galerie

 

 Ken Sortais & Skubb  – KEVIN @ HLM

Du 10 mars au 1er avril 2017 au 20 rue Saint-Antoine à Marseille

Ouverture de 15h à 19h du mercredi au samedi ou sur rdv

 

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