Katherine Bernhardt – « Swatch » show @ Karma

      L’artiste américaine Katherine Bernhardt présente actuellement une nouvelle exposition personnelle chez KarmaKarma est un éditeur et libraire new-yorkais mais il organise également des expositions dans ses deux espaces respectivement situés à New York et Amagansett. L’exposition de Katherine Bernhardt ne porte pas de nom mais on va l’appeler pour la forme le « Swatch » show car elle présente ici une série d’oeuvres centrée autour de sa collection de montres de la cultissime marque suisse.

All pics by Thomas Müller, courtesy of Katherine Bernhardt and Karma, New York.

      Si vous ne connaissez pas le travail de Katherine Bernhardt, sachez qu’elle réalise des peintures, souvent de grands formats, qui sont des compositions ultra colorés avec une peinture très fluide. Ces peintures sont des compositions bourrées de motifs, inspirés du Wax Africain, un tissu traditionnel (le wax fait référence au procédé d’impression à la cire) lui aussi très riche en motifs différents. Les motifs des peintures de Katherine Bernhardt sont des objets divers et variés, des objets du quotidien comme des cigarettes, des rouleaux de pq, des hamburgers mais il viennent aussi se mêler à des têtes de schtroumpfs, de simpsons ou encore à tout un tas d’animaux exotiques souvenirs de ses nombreux voyages. En fait si on peut prendre au premier abord tous ces éléments disséminés sur la toile comme autant de symboles de la pop culture ou de la société de consommation il s’agit avant tout pour Katherine Bernhardt des références personnelles qui la fascinent.

All pics by Thomas Müller, courtesy of Katherine Bernhardt and Karma, New York.

      Dans cette exposition justement, c’est l’un de ses objets qui refait surface, la montre Swatch. L’objet intemporel avait déjà été mis en peinture par l’artiste il y a quelques années, à l’époque où elle peignait des top-models, il y avait notamment en 2010 l’exposition Hit Pop Time Machine à la V1 Gallery dans laquelle l’artiste avait peint plusieurs cadrans de Swatch en grand format (photo ci-dessous). Ici, quelques années pus tard chez Karma, cette obsession refait surface, et c’est l’occasion de mesurer comment la peinture de l’artiste new yorkaise à évoluer, notamment au niveau des couleurs et de la manière de peindre.

pic courtesy of  Katherine Bernhardt and V1 Gallery

      En 2010, Katherine Bernhardt racontait qu’au lycée à la grande époque des Swatch elle en portait plusieurs autour du bras. Symptôme d’une collectionnite aigüe, elle apprenait le nom de tous les modèles, au style graphique top tendance en ces années 80. Evidemment, la Swatch peut se voir comme aussi comme une incarnation du temps qui passe, celui qui passe très vite mais aussi celui qu’on apprécie regarder s’écouler lentement mais pour l’artiste c’est avant tout une affaire de coeur, c’est un objet super cool, phénomène pop, hip-hop, qui éveille la nostalgie. On se rend finalement compte que beaucoup des motifs utilisés par l’artiste dans ses peintures viennent d’une période révolue comme si la pop culture s’était arrêté aux années 80, 90s, c’est le cas également du personnage de Garfield qui est présent aux milieu des Swatch sur quelques peintures sur papier.

All pics by Thomas Müller, courtesy of Katherine Bernhardt and Karma, New York.

      Au niveau des oeuvres présentées, on peut voir plusieurs peintures mais aussi quelques réalisations sur papier, exécutées elles aussi avec une peinture très diluée ou alors dessinées de manière très brute au marqueur. Katherine Bernhardt est venue avec une poignée de grands formats reprenant ses fameuses combinaisons de motifs, elle y mêle montres Swatch et différents objets de son répertoire, comme des baskets, des pastèques et autres cigarettes. Cependant la grosse partie des peintures est constituée d’une série effectuée sur un même format carré, de 48″ x48″ (1m20) où elle décline au pinceau et à la bombe de peinture toute une série de cadrans de Swatch. La collection de montres Swatch de Katherine Bernhardt, qui est exposée sur une table au coeur de l’expo,  était comme pouvaient l’être nos collections de badges ou de pint’s ou autres, une première collections d’oeuvres artistiques, les cadrans ici des montres étant autant d’images aux graphismes appétants pour les adolescents que nous étions.

All pics by Thomas Müller, courtesy of Katherine Bernhardt and Karma, New York.

      Cette exhaustive série fait donc écho à la collection de montres Swatch exposée, et il y aussi quelques Swatch Maxi (les grandes montres qui font horloge murales) sont aussi posées ça et là à même le sol que l’on croise d’une partie à l’autre de l’accrochage. Avec les peintures, on ressent aussi ce sentiment d’accumulation , certaines sont mêmes juste posées les unes sur les autres tant elles sont nombreuses. Vous remarquerez au passage que certaines de ses peintures ont été réalisées directement sur bois, un support à priori inédit pour l’artiste. Comme dit précédemment, les oeuvres sont donc très nombreuses et nous vous en montrerons qu’une petite sélection dans cette dernières série de photos.

All pics by Thomas Müller, courtesy of Katherine Bernhardt and Karma, New York.

 

Katherine Bernhardt – « Swatch » @ Karma

Jusqu’au 20 aout 2017.

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