Katherine Bernhardt – Green @ CANADA

      Ca fait plus de dix ans que la galerie newyorkaise CANADA expose les travaux de Katherine Bernhardt. Et c’est avec elle que la galerie inaugure cette nouvelle année. Katherine Bernhardt vient présenter Green, sa cinquième exposition personnelle chez eux, et elle a réservé une petite surprise, ses premières sculptures.

      La couleur verte qui donne son nom au show est évocatrice de plusieurs choses très différentes pour l’artiste. C’est le vert tout d’abord le vert de la nature, de cette jungle luxuriante évoquée par ces toucans, bananes, feuilles de plantes tropicales et autres abeilles géantes qui apparaissent dans ses peintures. La plupart des ces motifs récurrents sont inspirés par ses voyages récents notamment à Puerto Rico. Mais ce vert qui imbibe certaines des peintures de Katherine Bernhardt a un goût doux car il évoque aussi la couleur du dollar, de la pollution chimique. Une autre référence citée par l’artiste est le film dystopique Soleil Vert (Soylent Green), grand classique dans lequel est raconté une futur où faune et flore ont disparu et les humains sont finalement amenés à manger, attention spoiler, de la nourriture synthétique à base d’autres êtres humains. Cet antagonisme se prolonge aussi dans un affrontement de motifs: aux côtés des ceux inspirés par la Nature on trouve tout un lot de cochonneries plastiques et toxiques de la société moderne matérialiste, bouteilles de coca, logos nike, gobelets jetables et cigarettes viennent eux aussi occuper le terrain.

      Comme elle l’explique dans la vidéo ci-dessus, Katherine Bernhardt travaille souvent au sol, afin de manipuler une peinture très diluée. Chaque peinture est réalisée rapidement de manière très spontanée. Inspirée par les tapis marocains, le wax africain mais aussi par les graffitis des rues de Brooklyn, l’artiste compose tout aussi bien avec des objets et éléments du quotidien, qu’elle manipule comme autant de formes géométriques. Certains de ces éléments sont aussi issus de souvenirs récents, les voyages dont on a parlés, ou encore de son enfance. Ainsi on retrouve des personnages comme Garfield, la Panthère Rose, Babar ou encore Dark Vador. Certains formats de cette exposition sont gigantesques comme la grande toile panoramique de 8m qui ouvre le show et pour les personnages sus-cités, qui culminent à 3m de haut, l’artiste est revenu à un mode portrait, comme avec sa série de top-models d’il y a quelques années, avec des personnages qui occupent quasiment tout le cadre.  

      Comme annoncé en début de post, une dernière surprise attend les visiteurs: l’artiste a réalisé une série de sculptures en bois peint d’un rose fluo dégoulinant, résonnant avec celui utilisé pour ses peintures. Les sculptures qui pour certaines peuvent faire office également de tables basses sont réalisées avec des assemblages des mêmes motifs qu’elle utilise dans ses peintures comme par exemple les toucans ou les feuilles de palmier. Cet ensemble d’oeuvres en volume se dresse telle une forêt exubérante, inattendue aussi étant donné le nom donné à l’exposition. Vous pourrez en avoir un aperçu avec les quelques photos qui suivent.

All pics courtesy of Katherine Bernhardt & CANADA

 

Katherine Bernhardt – Green @ CANADA

Jusqu’au 11 février 2018 à New Yrok