Joakim Ojanen – Year of the Dog @ Richard Heller Gallery

      Deux ans après sa première exposition personnelle chez Richard HellerJoakim Ojanen revient dans la galerie californienne présenter un second show encore plus ambitieux. Intitulé Year of the Dog, celui-ci est le fruit d’une résidence de plusieurs mois durant lesquels l’artiste n’a pas chômé imaginant de nouvelles sculptures et expérimentant de nouvelles techniques.
 

      Lors de sa première venue (à revoir ici), l’artiste suédois avait déjà travaillé en résidence et cette fois-ci ce sont les ateliers du Long Beach City College qui l’ont accueilli. Là-bas Joakim Ojanen a côtoyé d’autres artistes, a eu accès à plein de matos et en a aussi profité pour donner une petite conférence sur son travail. Mais surtout il s’est essayé à une nouvelle technique, le Raku.

      Le Raku est une technique de cuisson originaire du Japon. La grande différence par rapport à une cuisson classique est que l’on n’attend par que le four soit complètement refroidi pour sortir les pièces en céramique. Ici on les sort juste après que l’on ait atteint la température de cuisson de l’émail et on vient les plonger dans une source de carbone (du foin ou de la sciure). C’est ce que vous pouvez voir dans la vidéo ci-dessous:

 

      Cette fin de cuisson spécifique au Raku donne des effets de craquelures assez fous sur les pièces et totalement aléatoires, on peut aussi augmenter le nombre de craquelures en les mouillant pour arrêter cette fin de cuisson dite en réduction. Du coup vous serez probablement étonner de voir des textures et effets complètement inédits sur plusieurs des sculptures réalisées pour l’expo.

      Outre ces nouvelles sculptures réalisées avec la technique du Raku, Joakim Ojanena réalisé des céramiques avec sa technique habituelle et dans la continuité de ce qu’il avait présenté à Cologne il a imaginé des personnages plus complexes, mis en scène souvent dans des situations qui nous invitent à imaginer toutes sortes d’histoires qui vont avec. Evidemment on retrouve quelques têtes de personnages ou des petits tweenies mais on fait aussi tout un tas de nouvelles rencontres surréalistes dignes d’un Alice au pays des Merveilles décalé et un peu plus inquiétant.

       L’une des plus belles pièces de cette nouvelle exposition est sans nul doute cette nouvelle grande sculpture en bronze qui s’intitule Bossy Bird Claimed My Nose In The Park. Celle-ci représente un personnage qui se reveille après sa cuite dans un parc et dans son sommeil un oiseau a fait son nid sur son long nez façon Pinocchio. On aime également beaucoup cette sculpture pour sa patine sombre qui apporte un rendu vraiment intéressant à la création de l’artiste. Avouez que c’est juste magnifique?

      Pour cette nouvelle exposition, Joakim Ojanen a aussi réalisé de nouvelles peintures à l’huile, principalement des petits formats, en tout cas moins que ceux de sa précédente exposition à Cologne et on peut découvrir également une vingtaine de dessins au graphite, on peut voir comment le trait de l’artiste a évolué depuis l’époque de ses premiers zines. Ces dessins, faits durant la résidence, sont assez fous avec de nombreux personnages inédits qui s’agitent sur le papier.

      Le show s’intitule  Year of the Dog mais cette année c’est surtout celle de Joakim Ojanen qui enchaine les show d’envergure et qui ne cesse de nous étonner avec ses nouvelles créations, surtout l’année n’est pas finie et il repartira bientôt en résidence cette fois en Grêce chez Dio Horia. En attendant on vous laisse découvrir quelques-unes des créations de celle belle expo présentée par la Richard Heller Gallery.   

 All pic courtesy of Joakim Ojanen & Richard Heller Gallery

 

Joakim Ojanen – Year of the Dog @ Richard Heller Gallery

Jusqu’au 28 juillet 2018 à Santa Monica, Californie