Jeroen Erosie – Dérive @ Alice Gallery

Derive - 3

 

      La Alice Gallery accueille en ce moment la toute nouvelle exposition personnelle de Jeroen Heeman, que vous connaissez plus sous son nom de graffeur Erosie. L’expo s’intitule Dérive et l’artiste néerlandais a préparé pour celle-ci toute une série de peintures sur toile ou sur papier, ainsi que quelques collages. Dans la continuité de Genius Loci, son show précédent, l’artiste développe un travail de compositions abstraites, de formes géométriques, calligraphiques, et de couleurs, étroitement liées à ses déambulations urbaines.

 

 Derive - 12Derive - 5

 

      Depuis longtemps, Jeroen Erosie prend son vélo pour parcourir la ville, et bien qu’il ait à chaque fois quelques destinations en tête, il se laisse porter par les découvertes et les surprises, dérivant ainsi de son chemin préétabli. Il en va de même pour son processus de création: il démarre toujours avec quelques lignes directrices mais au fur et à mesure de la réalisation de ses oeuvres, de nouvelles voies s’ouvrent à lui, s’écartant parfois de l’intention de départ mais pour le mener sur un autre chemin tout aussi intéressant. Dans l’exposition, certaines peintures sont accrochées à la suite comme pour montrer une certaine évolution, on  a l’impression que la peinture se métamorphose d’une toile à l’autre, l’artiste s’en étonne lui même mais il ne s’agit pas d’une série de peintures à proprement parler.

 

Derive - 7 Derive - 6

 

En effet, il explique que toutes ces oeuvres qui ont été réalisées pour l’expo, portent le même nom, Dérive, suivi d’un chiffre romain: ce chiffre indique vraiment l’ordre dans lequel elles ont été réalisées. En prenant le catalogue des oeuvres sous les yeux, on peut ainsi suivre le cheminement de l’artiste, chaque oeuvre l’amenant à une nouvelle, prenant les idées mais aussi les émotions qui ont surgi de la précédente comme élan pour la suivante. Jeroen Erosie nous explique qu’il fonctionne de la même manière hors du studio  lorsqu’il prend ses bombes de peintures réaliser des murs de part le monde, ou encore en ce qui concerne ses sketchbooks dans lesquels il compile toutes ses formes géométriques de toutes les couleurs: il raconte que même si ça s’apparente un peu à du dessin automatique, chaque nouvelle forme dérive en fait de celle qu’il a dessiné auparavant.

 

Derive - 33

 

      Le travail d’Erosie a donc à la fois un aspect très directif, qui comme il le dit lui-même traduit une espèce de rigueur germanique, mais aussi un aspect totalement aléatoire, qui apparait  au fur et à mesure de la création. Il en va de même pour la manière dont il crée par exemple les compositions de ses collages: certaines formes seront tracées à la règle, élaborant un schéma préétabli sur le support, mais il viendra par la suite y coller un morceau papier qui sera tombé sous sa main à ce moment là et dont la forme trouvera son sens dans l’oeuvre. Des chutes de papier, l’artiste en a un tiroir rempli à ras bord, plus de 15 ans d’archivage, des papiers de toute sorte et de toutes les couleurs: on y trouve du papier technique mais aussi du papier journal mais ça peut tout aussi bien être un ticket de metro gardé de l’un des ses voyages et dont il aura bien aimé l’aspect. Encore une fois, Erosie, en piochant dans tous ces souvenirs papier, vient faire jouer ce facteur aléatoire qui lui permet d’avancer et surtout de prendre du plaisir en se surprenant lui-même.

 
Derive - 11 Derive - 24
 

      Pour revenir aux différentes oeuvres de l’expo, on peut découvrir de nombreuses peintures, des moyens formats et quelques très grands formats. Les compositions mêlant formes polygonales et parfois un peu plus rondes évoquent des paysages urbains. On y retrouve des lignes architecturales, on y distingue des fenêtres mais il y a aussi ces multiples textures qui font penser à des murs usés, recouverts maintes et maintes fois par des couches de peinture, ou encore vandalisés par des tags. Comme dit plus haut, ces compositions naissent des souvenirs des promenades en ville de l’artiste, mais ce sont plus des souvenirs émotionnels que des souvenirs photographiques, Erosie se rappelle de certains lieux en ville car ils sont liés à un événement, une sensation mais pas pour leur architecture en elle-même. Outre les peintures on peut découvrir aussi de nouveaux collages, là aussi ces travaux sont riches en texture, notamment avec des assemblages de différents matériaux, on aime tout particulèrement la série de trois petits formats, qui semblent être basés sur une même image destructurée. Pour les oeuvres de Dérive, l’artiste a donc alterné les pratiques: peintures sur toile, collages et il a aussi réalisé plusieurs peintures sur papier, au rouleau, des travaux dans lesquels les formes sont plus calligraphiques. Placés les uns à côté des autres, ces derniers apparaissent comme autant de symboles d’un langage qu’il a développé au fil des années.

 

Derive - 26 Derive - 27

 

L’exposition est donc très riche, et pour une première venue à la Alice Gallery, Erosie présente une très belle exposition. Celle-ci est visible jusqu’au 2 juillet prochain, à noter dans les passages obligés à Bruxelles vu que vous comptiez déjà venir prochainement pour le MIMA ou l’expo Dran.

 
Derive - 30 Derive - 31 Derive - 18Derive - 16Derive - 0 Derive - 20  Derive - 4 Derive - 9Derive - 17  Derive - 25 Derive - 28 Derive - 29 Derive - 13
 
 
 

Jeroen Erosie – Dérive @ Alice Gallery
 
Jusqu’au 2 juillet 2016 à Bruxelles.

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *