Ishem Rouiaï – Chercheur Cueilleur @ Straat Galerie

       Dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain qui s’est terminé fin mai dernier, la Straat Galerie présentait une nouvelle exposition personnelle d’Ishem Rouiaï. Intitulée Chercheur Cueilleur celle-ci s’articule autour d’un ensemble d’oeuvres variées, au rendu très brut, allant de la peinture à la sculpture en passant par la gravure. L’expo se termine ce weekend, en voici un recap photos.

      Pour sa nouvelle venue à la Straat GalerieIshem Rouiaï présente un travail qui est dans la continuité d’Agrum’ Lemon, sa précédente expo qu’on vous avait présentée ici mais l’artiste est allé encore plus loin dans la démarche en s’essayant à toutes sortes de nouvelles techniques: on retrouve des peintures sur mortier mais aussi de la sculpture, de la gravure sur pierre ou encore de la boue sur papier. On peut aussi découvrir quelques collections de pierres glanées par l’artiste lors de ses déambulations sur son territoire urbain. Si les dessins et les différentes formes se nourrissent du graffiti, les techniques utilisées font écho à l’art rupestre des chasseurs cueilleurs mais plus qu’une esthétique c’est toute l’intention de l’artiste qui revient à quelque chose de primitif, une création spontanée, réalisée avec des matériaux bruts, qui proviennent d’un monde urbanisé mais qu’on manipule comme de la terre.

      D’une certaine manière Ishem Rouiaï parvient à faire abstraction d’une partie du monde moderne pour renouer avec des sensations plus instinctives. Avec le texte ci-dessous qui accompagne l’exposition, on comprend un peu mieux quelle est sa démarche

Le soleil et la chaleur s’en mêlent.
« Le vent peut-être !? »
Il faut toujours se méfier du vent.
« Qu’importe ! »
Rien ne trouble cette intention primitive,
C’est parti !

Vroum Vroum
Ford Fiesta,
Tropico et Dinosaurus,
Cocktail de détermination.
« C’est vachement mou quand même l’asphalte ! »

Un peu de matériaux ;
« L’eau de la rivière est déjà sur place…
Quelques allers retours suffisent ! »
Un sac de mortier.
« Peut-être deux ? »

Un peu d’outillage ;
Massette, burin, marteau,
Truelles, seau, auge, brosse.

« Il faut déblayer la zone avant d’entamer,
Je balaye ! »
Le manche du balai brosse est cassé.
« C’est pratique ! »

Les heures passent,
La sensation d’accomplissement se mélange à la fatigue.
Alternance entre peinture murale,
Merguez et maçonnerie.

Tout ceci ;
Une fois encore, une fois parmi tant d’autres,
Cette évidence, cette nécessité.
« Classic Shit !
Je gribouille dans le béton. »

L’air ravi, étincelle dans les yeux,
Nez qui perle de transpiration
Range sa truelle et sa gamate.
« J’ai oublié ma crème pour les mains ! »

Un détail ! Les petites gerçures seront vite oubliées.
Heure d’été
Il fait jour jusqu’à pas d’heure.

Le ciment commence à tirer
La lumière est jaune-orangé.
Les marinades du dimanche,
Une belle composition colorée.

« En mai
Fais ce qu’il te plait ! »

 

      Les photos qu’on partage ici ont été faites par Ymmot qui avait lui aussi exposé à la Straat Galerie juste avant Ishem. Nous n’avons pas eu le temps de vous en parler mais vous pouvez aller voir quelques vues de son expo sur son site ici, il y a notamment une composition de tapis assez folle à découvrir. Et pour rappel, l’exposition Chercheur Cueilleurd’Ishem est encore visible jusque samedi.

 

All pics by Ymmot, courtesy of Ishem Rouiaï & Straat Galerie

 

Ishem Rouiaï – Chercheur Cueilleur @ Straat Galerie

Jusqu’au 16 juin 2018 à Marseille.