Interview: Paul Wackers – New Alphabet @ Alice Gallery

New Alphabet - itw - 10

 

      L’artiste américain Paul Wackers présente sa nouvelle expo, New Alphabet, jusque fin octobre à la Alice Gallery, nous vous avons déjà dit tout le bien que l’on pensait de son travail dans notre recap ici. Mais comme il était aussi en résidence pour un mois à Encore, le nouveau lieu de la galerie bruxelloise (à la fois hotel et studio de travail), on en a profité pour aller lui poser quelques questions et voir quelques oeuvres en cours de réalisation. Sachez que vous pourrez aussi faire la visite du studio en compagnie de Paul ce samedi 3 octobre, à cette occasion il dévoilera aussi un portfolio de 6 prints A3 réalisés lors de sa résidence. Allez, place à l’interview.

 

French version / US version

 

Bonjour Paul, pourrais tu te présenter et nous dire quelques mots sur ton parcours?

 

Je m’appelle Paul Wackers, j’ai grandi à New Haven dans le Connecticut et j’ai été à l’école à Washington DC, pendant 5 ans. Puis j’ai bougé vers la côte ouest à San Francisco, je suis resté là-bas pendant 9 ans, j’ai été notamment à la San Francisco Art Institute et à présent, depuis ces 5 dernières années j’habite à New York dans Brooklyn. Je suis peintre au départ mais je travaille aussi de temps en temps avec le dessin et les collages. Récemment j’ai aussi commencé à expérimenter la céramique avec quelques sculptures et objets.

 
Comme pour ton expo à la Morgan Lehman Gallery par exemple.
 

Oui comme dans cette expo que j’ai faite en juin dernier à New York. Chaque jour je découvre de nouvelles choses, je suis toujours occupé.

 

Et tu peux parler de New Alphabet, ta nouvelle expo à la Alice Gallery. C’est le titre de l’une des peintures, n’est-ce pas?

 

Oui je l’ai appelée New Alphabet et j’ai commencé par peindre le A, puis j’ai utilisé une par une toutes ces façons que j’ai de peindre. Ca parle en fait de créer son propre langage, son propre dialogue. Pour moi, beaucoup de mes peintures consistent à trouver différents langages et à les dessiner ensemble, au final tu obtiens cet alphabet. Et pour ce qui est de cette peinture, dont l’expo porte le nom, et bien c’est une version basique des formes, des couleurs, des lignes et autres techniques que j’utilise, à partir de ces éléments-là tu as tout pour réaliser les autres peintures.

 

New Alphabet - itw - 24

 

Tes peintures contiennent tout un tas de plantes, de sculptures et autres objets. D’où te vient cette inspiration?

 

Certains d’entre eux sont de vrais choses que je possède. Si tu venais faire un tour dans mon studio, à Brooklyn, tu verrais que c’est comme les étagères et les fenêtres de mes peintures, avec tous ces objets. Ce que je veux dire c’est que certaines scènes de mes peintures sont des endroits où je vis. Tout ceci est un mélange, un mélange de bouts de bois que j’ai trouvés lors d’une randonnée, ou encore des objets étranges que j’ai récupérés ou que quelqu’un m’a ramenés. Toutes ces choses habitent mon espace, pas de manière bordélique, mais par exemple l’un d’entre eux va se trouver au dessus d’une pierre, un autre autre près d’un cactus. Si tu prends tous ces objets à part, l’histoire étrange qu’ils racontent n’a pas de sens mais si tu les regarde tous ensemble alors tu peux imaginer plein de scénarios possibles. Je peux regarder ces groupes d’objets et commencer à me demander ce qu’il manque, peut-être créer une forme étrange ou une ligne qui va les connecter entre eux. Dans mon cerveau ça se passe de cette manière « je regarde cet objet puis mes yeux bougent dans cette direction pour regarder là-bas » mais au lieu de juste l’imaginer, je vais réellement rajouter cette connection sur la toile car je dois le faire, et c’est le même processus avec certaines autres formes. Donc finalement certains objets sont réels tandis que d’autres sont des objets impossibles, de pures créations de mon esprit.

 

Et  lorsque tu démarre une peinture, tu as déjà une composition complète à l’esprit ou tu l’imagines au fur et à mesure? 

 

Parfois je le sais, j’ai quelquechose à l’esprit, je vois un endroit comme par exemple le coin d’une pièce qui existe avec des éléments qui interagissent entre eux et c’est juste parfait, je dois le poser sur la toile. Donc je vais essayer de m’en rappeler, je vais peut-être le prendre en photo et très rapidement tracer quelques formes. Mais une fois que je vais commencer à travailler cette vision va disparaitre. Je vais élaborer toute une structure mais après je vais commencer à y toucher puis la réarranger totalement. Habituellement j’ai à l’esprit comme un mouvement, une tonalité ou une atmosphère vers laquelle je veux me diriger. Mais en fait j’ai très rarement une idée de quoi cela aura l’air au final. Et c’est la partie fun du processus de création, si je savais exactement comment tout allait se passer je ne ferais que m’ennuyer et je ne peindrais pas du tout. Alors parfois c’est juste la manière la plus impossible de peindre car tu dois prendre tout le temps, à chaque étape, la bonne décision, mais bon jusqu’ici ça a l’air de fonctionner pas mal.

 

New Alphabet - itw - 18

New Alphabet - itw - 17

 

Quelques mots à propos de l’évolution de ton travail. On regardait certaines de tes anciennes peintures et à l’époque tu peignais beaucoup de paysages extérieurs mais maintenant on a l’impression que tu ne peins plus que des espaces clos. Comment tu expliques ce changement? Ton récent déménagement à New York a-t’il eu une influence?

 

Au départ j’ai commencé en effet par peindre ces très grands, très vastes paysages. Il y avait toujours cet horizon très marron, c’était même avant que je ne m’installe en Californie. J’avais en tête ces paysages américains, grandioses et très ouverts. Et puis je suis arrivé en Californie et plein de couleurs ont commencé à apparaitre, donc oui je pense que l’endroit où je me trouve a définitivement une influence sur mon travail, ça s’immisce vraiment dans ce que je fais. Par la suite, j’ai déménagé à New York et tout est devenu un peu plus fermé. La place est vraiment un problème là-bas, c’est vraiment important de pouvoir y créer ton propre espace et les peintures reflètent probablement ce monde là. Mes peintures sont de plus en plus focalisées, concentrées, il y avait une structure intérieure mais maintenant je vais regardé dans la structure elle-même, puis me focaliser sur un objet bien précis… Mais je pense que je commence à prendre à nouveau du recul et les paysages pourraient bien réapparaître prochainement, qui sait.

 

Il y a quelquechose qu’on aime beaucoup dans ton travail c’est cette impression que l’on fait partie de la peinture, qu’il n’y a pas de limite entre notre monde et celui que tu peins. Est-ce que c’est quelquechose que tu cherches à nous faire ressentir?

 

J’aime définitivement cette impression que j’obtiens avec les formats sur lesquels je travaille actuellement. Mais c’est le cas même avec les plus petits, certains sont comme des fenêtres, je veux dire que les peintures ont la vraie taille d’une fenêtre au travers de laquelle on peut regarder, ou il y a ces objets qui ont l’air de vrais objets que tu peux prendre dans tes mains. Il y a quelquechose d’agréable à être plus invasif avec ces oeuvres réalisées à l’échelle humaine. En face de ces peintures, tu peux imaginer qu’il s’agit de ton propre espace ou que tu regardes au travers d’une vraie fenêtre. La toile n’est plus un objet précieux, ce n’est plus un objet à part et ce n’est plus juste une simple peinture.

 

New Alphabet - itw - 13 New Alphabet - itw - 11

 

D’une certaine manière tu révèle la magie qui se cache dans nos paysages intérieurs très ordinaires.

 

Je mets en place ces histoires dans mon propre espace, en essayant juste d’être surpris par certaines juxtapositions d’objets, ou des juxtapositions de couleurs, de textures. J’essaie d’utiliser des objets très ordinaires qui peuvent avoir néanmoins plein de significations, que tu peux connaitre ou non. Ces significations peuvent être très personnelles ou très universelles. Il y a tellement une grande différence de relation avec tes propres objets qu’avec ceux des autres. Et il y a de grandes histoires avec une bonne partie d’entre eux, comme par exemple une pierre dans une des peintures, ça peut-être une pierre que j’ai trouvée lors d’une randonné au Big Sur (ndlr: une région en Californie) ou ailleurs. Ce que je veux dire c’est qu’il y a dans ces peintures des histoires sans fin à raconter. Parfois je n’en ai pas en tête mais je peux en imaginer une.

 

New Alphabet - 12

 

Parlons un peu de ces nouveaux travaux sur papier, en noir et blanc, qu’on peut voir pour la première fois à la Alice Gallery. Comment as-tu décider d’explorer cette voie et est-ce que tu réalises ces oeuvres dans un esprit différent de tes peintures?

 

J’ai commencé à en faire il y a environ deux ans quand j’étais en résidence, en Norvège. J’avais cette envie, je voulais travailler sur des dessins, juste quelquechose de bon marché pour expérimenter des choses. Je n’ai jamais vraiment fait des dessins, j’ai toujours trouvé que la couleur dans les peintures classiques donnait un résultat plus satisfaisant. Et donc durant cette résidence, je suis tombé sur une vieille bouteille d’encre de chine, qui avait été laissée dans une armoire. J’imagine que l’encre était très vieille car elle était vraiment dans un mauvais état, à moitié sèche. Mais j’ai commencé à l’utiliser et j’ai tracé les plus belles lignes que j’ai jamais vues, et je me suis rendu compte que je pouvais reproduire des effets que j’obtenais avec la peinture acrylique. Je me suis tout de suite dit que je pouvais m’amuser avec ça, jouer avec de nouvelles compositions de manière plus immédiate et spontanée. Avec les peintures classiques, tu as cinq fois plus de décisions  à prendre, tu dois décider de la couleur, de la texture,… tu peux ruiner ton travail d’une ou deux semaines avec un seul mauvais choix. Avec ces dessins sur papier, tu passes un jour dessus, peut-être deux, et si ça ne fonctionne pas ce n’est pas grave c’est juste un bout de papier. Tu peux le jeter ou même le déchirer ou le couper pour l’utiliser pour une autre pièce. Donc d’une certaine manière, ces dessins sur papier me permette de me libérer car les conséquences au cas où ça ne marche pas, où ça ne me plait pas, sont moins importantes. Je me sens plus libre de tester des nouvelles idées, comme par exemple une composition complètement folle que je n’essaierais jamais directement sur une grande toile. Ce serait une trop grande perte d’énergie si ça ne fonctionnait pas. Mais j’aime aussi ces dessins sur papier, et je ne les vois pas nécessairement comme des études pour les peintures. J’ai fait certaines toiles directement en m’inspirant de certains de ces dessins mais ils ont leur existence propre. Ils ont une profondeur que je ne peux obtenir avec la peinture. Et c’est aussi une manière très satisfaisante de construire une image, obtenir cette profondeur avec des moyens si limités, juste du papier et de l’encre noire, c’est vraiment une voie à la fois très amusante et intéressante à explorer.

 
Merci pour le temps que tu nous a consacré Paul. Dernière petite question: quels sont tes projets à venir?
 

Je suis ici en résidence pour un mois, juste à côté (ndlr: à Encore, le nouvel espace de la Alice Gallery). Je suis en train de réaliser quelques peintures et je vais voir comment Bruxelles s’infiltre dans mon travail au bout d’un mois. Aussi, je vais aussi travailler sur un petit projet d’éditions, qu’on va réaliser ici (ndlr: au final il s’agit d’un portfolio de 6 prints A3 qui sera disponible à partir de ce samedi 3 octobre, voir ici). Et puis après tout ça, je pense me faire un petit break, ça a été une année assez folle, je n’ai pas arrêté d’exposer, je viens juste de faire une expo à New York et maintenant j’ai celle-ci. J’ai abattu beaucoup de travail, très rapidement, et maintenant j’aimerais prendre le temps de pousser quelques idées qui me viennent, particulièrement avec ces dernières oeuvres. La prochaine expo n’arrivera qu’en mai prochain à San Francisco à la Eleanor Harwood gallery.

 
 

Paul Wackers – New Alphabet @ Alice Gallery
 
Jusqu’au 24 octobre à Bruxelles.

 
 
US version:

New Alphabet - itw - 7

 

 

Hi Paul. Can you introduce yourself and tell us a little bit about your background?
 

Paul Wackers is my name, I grew up in New Haven Connecticut and I went to school in Washington DC, I was there for five years. Then I went to the West Coast in San Francisco for almost nine years, I got to the San Francisco Art Institute and now for the last five years I’ve been living in New York in Brooklyn. Primarily I’m a painter and I also work occasionally with drawings and collages, and recently I’ve been experimenting some ceramics, sort of sculptures and objects.

 
Like for the show you did at the Morgan Lehman Gallery.
 

 Yes like in that show I just had in June in New York. Everyday a now door opens it seems, I’m always busy.

 

 And could you tell us a few words about New Alphabet, your current show at Alice Gallery. It is the title of one of the painting, isn’t it?

 

 Yes, I called it New Alphabet and I just dropped the A, I dropped all these new ways of working. It’s all about creating your own new language, what you can construct in this world like a new way of painting, creating your own dialogue. For me, a lot of my paintings is like finding different languages and drawing them together so you have this alphabet. And that one painting, whose the title is the one of the show, it is a very basic version of shapes and colors, and lines, and techniques I use, and from that, you have everything to make the rest of the paintings.

 

New Alphabet - itw - 9

 

Your paintings are full of plants but also of sculptures and objects. Where does your inspiration comes from?

 

Some of them are actual things I have around. If you would come to my studio in Brooklyn it’s just like these shelves and windows with all these objects. I mean some are the spaces where I’m living. It’s a mix of sticks I found on a hike, maybe little nik-naks I pick up or someone brings to me, all of these things just live in my space, not like in a messy way, but for example one lives on the top of a rock, another next to a cactus. Taking all these objects apart, this weird scenario does not make sense but put them together you can make any conclusion you want from it, I can look at these grouping of things and wonder what’s missing, and maybe create some strange shape or line that connect these things. In my brain it’s like “so you look at this object and your eye move this way, over there” and instead of just imagine it I really put the line here because I have to do it, and it’s the same process with certain shapes. So some things are real and others are impossible and I just put them up.

 

And when you start a painting , do you have the full composition in mind, or do you imagine it as you go along?

 

 Sometimes I know, I’m pretty confident, I see something, some place like a corner of a room that exists with sort of things interacting and that’s perfect, I need to capture it. So I will remember, I will take a photo and very quickly work out some shapes. But once it starts working it’s kind of gone. I will setup a structure, but then I will hit it and it will be completely rearranged. Usually I have like a movement, or like a tone, an atmosphere that I know that I want to get at. But in fact I very rarely have a clue what it’ll gonna look like. That’s the fun part, if I knew what’s everything would gonna be I just would be bored I would never do it. I like the idea that I’m not stuck with anything. Sometimes it’s the most impossible way to work, you have to come up with just the good decision all the time, but it’s seem to work so far.

 

New Alphabet - itw - 12 New Alphabet - itw - 19

 

 A few words about the evolution of your work. We were looking at some of your older works and you used to paint some exterior landscapes but now you always paint some closed spaces. How can you explain this evolution, does your recent move to New York had an influence?

 

 Initially I started painting these really big, vast landscapes. There was always that very brown horizon, that was before I moved to California maybe, I have in mind this very open, grandiose American Landscape or something. And then I moved to California and all the colors showed up, so I definitely think that there is a very big influence on where I am, like it really slips to what I do. Then I have moved in to New York and everything got a little more closed in, space becomes more an issue there. Creating your own space in New York is pretty important and yes the painting probably reflects that world. My paintings are more and more condensed, focused: there was the inner structure, and then I was looking inside the structure and then it was that single object… But I think I’m pulling back again a little bit and the landscapes could show up again, who knows?

 
There’s one thing we really like in your work is that we have the feeling that we are part of the painting, that there is no limit between us and the world you paint. Is it something that you want to make us feel?
 

 I definitively like that about this scale I’m working with right now. Even the smaller ones, some of them are like a window view, I mean they have the proper size to be a window, or some objects are like a real object that you can pick. There’s something nice being a little more invading with the works with this scale shift. In front of it, you can imagine that this is your space, that you’re looking at an actual window. It’s not so precious anymore, it’s not something else, it doesn’t have to be just a painting.

 
 In some way, you reveal the magic of our ordinary interior landscapes.
 

I’m setting up theses scenarios in my own space, just trying to be surprised by different juxtapositions of all objects in space, or of things that have any color or texture. I’m trying to use really ordinary things that can have a lot of meanings whether or not you know it. It could be very personal or it could be pretty universal. There’s such a different relationship to your stuff and other people stuff. And there is a big story with a lot of those things, like a stone in a painting, it may have been one that I picked up while hiking in Big Sur (a region in Californian, Ed.) or something, I mean that there are endless stories that might be there. I don’t even know one all the time but I can make one up.

 

New Alphabet - itw - 22

 
 You’ve started doing some really great painting on paper but only with black ink this time. How do you decide to explore this way and is the spirit with which you are working on them is different?
 

 I started them two years ago while I was in Norway, on a residency. I had this urge, I wanted to work on some drawings, just inexpensive things to work out. I never really did much drawing, I just find that the color in usual paintings is just more satisfying. And during the residency in Norway,I found a bottle of black chinese ink in a closet, people had left stuff behind. And I guess the ink was really old, it was in really bad shape, very chunky, half-dried and separated. But it left the best lines I had ever seen and it seemed to replicate some of the effects that I got with acrylic painting. I told myself “wow I can have fun with this, play with my compositions in a more immediate and quicker fashion”. With the paintings you have five more decisions to make, you have the color, the texture,… I can ruin this thing I spent two or thee weeks on with one bad choice. With the paperworks, you spend maybe a day, maybe two days, you move through it and if it doesn’t work, it’s only a piece of paper. You throw it away, you rip it off or cut it to use it for another piece. So in a way the drawings free me up because the consequences, if it doesn’t work or if I don’t like it, are much smaller. I feel more liberated to try up new ideas, like with a composition I could think completely insane and that I would not really attempt as a first try on a very large scale painting, because it would be a big waste of energy if it doesn’t work. But I like them, and I don’t really see them necessarily as only studies for works. I have made some paintings directly from the drawings but I think they have a life on their own, they have a certain depth I just couldn’t get with paintings. It’s a very satisfying way to construct a image, until I find that depth with such a limited power, only white paper and black ink, it’s a really fun and interesting way to explore.

 

New Alphabet - 13

 
Thanks for your time Paul, last little question: what are our upcoming projects?
 

I’m here for the month, I’m working next door (at Encore, Ed.), making a few paintings and I’ll see how Brussels will infiltrate my work after a month. Also I will gonna work on a small print project, we will do that here (it’s finally a 6 prints portfolio that will be released this saturday, Ed.). Then after that, I’m hoping to take a little break, it has been a crazy year, I just had a show in New York, and now this one. I got a lot of work done very quickly, and now Il will push up some new ideas that come up especially with this work. The next show will be in may in San Francisco at Eleanor Harwood gallery.

 

 

Paul Wackers – New Alphabet @ Alice Gallery
 

Until October the 24th in Brussels
 

All pics courtesy of Paul Wackers, Alice Gallery & Encore.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *