Format à l’italienne III @ Espace Le Carré

 

      Format à l’italienne, dans sa troisième édition, nous convie à une exposition des créations originalles réalisées à l’atelier Wicar, une résidences d’artistes de la ville de Lille située à Rome. Les travaux que l’on y voit sont donc de nature très différentes mais ont pour point commun d’avoit été plus ou moins inspirées par la ville de Rome, son histoire, ses habitants, son atmosphère. Outre les artistes de cette résidence (Butz et Fouque, Audry Liseron Monfils, Philemon et Arnaud Verley, Gregoire Motte), deux artistes invités étaient aussi de la partie: Jacques Van Roy (lauréat Wicar 2006) et Giulio Delvé (lauréat du talent prize 2011).

      On commence tout d’abord par les travaux d’Audry Liseron-Monfils, artiste plasticien d’origine guyannaise qui travaille surtout  un mode de recherche et d’expérimentation. Touche à tout, il alterne performances, vidéos, installations et dessins et ce sur des thèmes très variés. Dans cette exposition il nous présente une série de travaux basés autour de la gomme avec toute d’abord une série de dessins à la mine de plomb où certains objets et personnages sont effacés. Cependant le moment de la disparition est capturé en collant sur le papier les chiures de gomme, dans leur mouvement d’effacement. Sur le mur adjacent, une collection de gommes posées sur des miroirs joue sur les volumes et les ombres.      Grégoire Motte quand à lui s’amuse aves des objets du quotidien. Il nous propose un monochrome gris découpé dans une moquette dont les tâches et le relief raconte le vêcu de son propriétaire. Face à celle-ci trône une sculpture en spaguettis, le genre de choses dont tout le monde dit  »moi aussi j’ai eu cette idée », sauf que vous ne l’avez jamait réalisée. C’est en faisant cuire des pâtes que l’artiste, en cognant la poignée de spaquettis qu’il tenait à la main contre une boite de tomates pelées, a découvert cette technique. Le lendemain, Gregoire Motte s’est empressé d’aller acheter 10kg de pâtes pour les emmener à son atelier et réaliser différentes sculptures que vous pouvez voir sur son site (avec de bien meilleures photos que celles que je vous ai faites).
       Arnaud Verley et Philémon sont respectivement scénographe et artiste plasticien. Les deux hommes ont à plusieurs reprises co-réaliser des installations à la dimension tragi-comique, mettant par ailleurs souvent en scène des animaux,  installations dont vous pouvez voir un récapitulatif à la fin de ce book. Lors de leur résidence au Wicar, le duo a réalisé l’installation Reliquias, 22 ballons repéchés dans le TIbre et alignés tel des trophées, fixés au mur par des crochets métalliques. C’est du Tibre qu’ont aussi été repéchés, selon la mythologie romaine,  les deux jumeaux rivaux, Romulus et Remus. Des siècles plus tard, les ballons des deux clubs rivaux de Rome, La Lazio et la Roma, se retrouvent abandonnés dans le fleuve, perdurant cette opposition sur laquelle s’est fondée la ville. L’exposition montrait aussi une vidéo, Fortuna, du nom de la déesse du hasard et de la chance dans la mythologie romaine,  qui nous montre ces ballons avec d’autres déchets de la ville pris au piège d’un ballet aléatoire qui se reproduit à l’infini.      Puis on tombe sur ce moule d’un choux romanesco réalisé par le talent prize 2011 Giulio Delvé et intitulé Black Dog (on se demande encore pourquoi). Dans le livret accompagnant l’expo on peut en lire ceci  »C’est ainsi que l’empreinte d’un choux romain dans le plâtre prend l’aspect d’un objet fractal, d’une trace qui permet d’établir de multiples connexions conceptuelles. Ces connexions étant en perpétuelle évolution, elles deviennent dès lors de véritables instruments pour la compréhension de l’espace et de la vie ». Si je vous me dite qu’il a le talent un peu facile sur ce coup, je ne vous contredirai pas, mais chacun fera, en toute humilité, son propre jugement.
      A l’opposé cette composition en 4 temps de Grégoire Motte, qui ne fait donc pas que dans l’amusant, et qui partant d’une anecdote rend hommage à une partie de l’histoire de l’art. Bon il faut avoir fait des études dans le domaine pour comprendre, ou avoir une jolie accompagnatrice qui en a fait, mais ce genre d’installations est très intéressante à déchiffrer (ou vous l’aurez compris à se faire déchiffrer).

Vous pouvez encore aller voir l’exposition jusqu’au 28 octobre à L’espace Le Carré situé dans le vieux lille.

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