Fabrice Yencko – Les conquérants de l’inutile @ Galerie Rabouan Moussion

      Jusque mi-janvier la galerie parisienne Rabouan Moussion accueillait Fabrice Yencko. L’artiste, graffeur et tatoueur que vous connaissez peut-être mieux sous le nom de Cokney, présentait Les conquérants de l’inutile, une exposition inattendue dans laquelle il crée des parallèles entre sa pratique du graffiti et celle plus récente de l’alpinisme.

      Les conquérants de l’inutile est scindée en deux installations distinctes, qui correspondent à deux temps différents dans la vie de l’artiste. La première salle raconte la course poursuite qui a conduit à l’arrestation deFabrice Yencko. Photos et peintures mettent en scène des maitres-chiens, les chiens en question peints de couleur étrange, rappelant les gilets fluos de leur maitre. La proie est réduite à une simple photo de l’artiste, prise par les caméras de surveillance, à nouveau, comme il avait pu le faire avec Chiaroscuro livre d’artiste écrit avec Hugo Vitrani, Fabrice Yencko réutilise dans sa démarche artistique les documents qui ont trait à ses arrestations.  La proie, accrochée au mur, est encerclée par trois chiens, ils ont des allures de créatures fantastiques, comme les monstres d’un jeu vidéo, du fait de leur couleur mais aussi de leur esthétique, l’artiste les a peints avec le style de ses tatouages, à forte influence japonaise.

       Dans la seconde salle, c’est la période post-arrestation que l’artiste nous invite à découvrir. Après sa deuxième arrestation pour dégradation de matériel d’utilité public et son placement sous contrôle judiciaire (avec interdiction de quitter le territoire national et pointage hebdomadaire), Fabrice Yencko a stoppé la peinture vandale. Pour retrouver les sensations ressenties avec le graffiti et cette liberté qui permet de s’échapper du quotidien proposé par la société moderne, il s’est tourné vers l’alpinisme. Avec cette deuxième installation mêlant associations de photos et matériel d’escalade détournée, il vient créer un dialogue entre ces deux univers qui permet de mieux comprendre au final ce que représente pour lui la peinture illégale.

      Pour en apprendre un peu plus sur cette exposition, deux petits conseils: tout d’abord vous pouvez lire cette interview et secundo un zine a été édité pour l’occasion, mêlant photos et textes écrits par l’artiste, ça coûte un peu plus d’une vingtaine d’euros mais vaut l’achat pour celui qui s’intéresse au travail de l’artiste. On vous en a mis quelques photos aussi ci-dessous.