Expo: Moderne Jazz – FFRRRRVUMVUMTACTAC

Quand :
11 novembre 2017 @ 18 h 01 min – 1 décembre 2017 @ 21 h 00 min
2017-11-11T18:01:00+01:00
2017-12-01T21:00:00+01:00
Où :
Module (Paris)
9 rue Cyrano de Bergerac Paris

XVIIIe arrondissement de Paris. Les rayons froids d’un matin de Novembre inondent les façades sculptées de la rue Cyrano de Bergerac. Derrière la vitre de la devanture bleue, l’exposition s’achève d’être montée.

Eclaté et actif depuis cinq années déjà, le collectif Moderne Jazz s’installe au Module pour une nouvelle monstration, occasion de dévoiler des objets mis en forme sans concertation ou presque. Postés, acheminés en voiture, par train ou dans un sac à dos, ces derniers prennent place et cohabitent comme autant d’entités distinctes, livrées au sein d’un même espace.

En 2015 déjà dans la galerie Slika de Lyon, des objets se télescopaient de leur disparité. Alors liés par une logique simple, il s’agissait de donner corps dans le lieu d’exposition à une pièce peinte sur mur et documentée par une photographie en usant de divers supports, matières ou techniques. Une couronne, un drap-écran, un pull de maille, une horloge, des tracés velleda déposés sur vinyle.

Aujourd’hui, les pièces présentées pour cette exposition se rapprochent parfois du vêtement, du jouet, d’autres encore sont plus reliées au mobilier. La répartition hétérogène de ces éléments agît comme le passage d’un univers à un autre, d’une ville à l’autre, telle une ligne de chemin de fer imaginaire qui relierait Brest à Marseille, Paris à Valence, Lille à Angers, le tout sur dix mètres carrés.

La teneur disparate de nos productions, rendue en partie contextuelle du fait de l’éloignement de chacun dans des régions françaises distinctes (en outre par l’évidence de la constitution différente nos regards et pratiques) se ressent par exemple lors du dernier coup d’œil sur un mur peint en-semble avant d’en quitter les lieux: avec comme seul lien la couleur de la peinture ou les outils partagés, le rendu final d’une fresque réalisée en groupe surprend toujours par la nature contrastée de ses sous-ensembles. Mais bien qu’il subsiste dans le produit de nos réunions autant de diffé-rences que d’acteurs concernés, c’est bien la saveur d’une cohérence globale qui finit par l’emporter ; en jouant au jeu des ressemblances, le regard crée des ponts, des passerelles de gestes ou bien de sens entre les différentes peintures. Un élan commun.

Autant que nos rencontres sur mur génèrent des lignes et des masses figés sur une seule surface, murale, ouverte, nos rendez-vous cloisonnés en galerie voient naître des intentions en volume. Un instinct signifié comme pour coller au contexte et s’adapter au lieu, offrir une dimension de plus au visiteur avec qui nos objets cohabitent.

FFRRRRVUMVUMTACTAC

Froissés, pliés, salis, remplis dans leur essence des sons et des odeurs de l’atelier, des dessins prépa-ratoires sont joints aux objets et renseignent cette fois sur une logique propre a chacun, un docu-ment de travail où s’estompe la volonté stylistique liée à la facture de graffitis et à l’identité styli-sée de son auteur. Révélateurs en somme d’un trait utilitaire, modeste, lié simplement à l’acte de faire objet.

Ainsi ces feuilles de route qui sont des témoins du moment du passage de l’idée à l’objet manipu-lable deviennent un lien entre les différents objets, une manière aussi de montrer l’envers et dire plus sur le processus de fabrication mis en place.

Douze modules, une présence matérielle de chacun, comme le visage imprimé de l’absent sur la photo de groupe. Cette exposition comme l’invitation à une fête d’intérieur, fête silencieuse où les objets se font face, dialoguent, vivent ensemble dans une même pièce.

-Moderne Jazz

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