Erik Parker – New Mood @ Mary Boone Gallery

      New Mood, la nouvelle exposition d’Erik Parker, vient d’ouvrir à New York, à la galerie Mary Boone. La galeriste nous avait bien fait languir sur compte instagram à coups de visites dans le studio de l’artiste et l’enthousiasme ne retombe pas avec l’expo car c’est une réussite totale: Erik Parker nous en met plein la vue avec une nouvelle série d’oeuvres pop hyper colorées.

      New Mood est le titre de l’exposition mais c’est aussi le titre de l’une des peintures, peut-être la plus folle du show. Il s’agit d’une peinture de sa série de portraits Heads mais celle-ci comporte plusieurs personnages accolés. Cette série résume très bien les thèmes développés par Erik Parker, les portraits de la série Heads sont des mash-ups d’images diverses, d’éléments collés ou peints, c’est le cas aussi pour sa série de pyramides mais avec ces portraits il va encore plus loin en incluant des versions miniatures de ses propres peintures dans la composition. Le portrait en lui-même n’est pas lisible, on distingue la silhouette, la forme des visages mais on n’arrive pas à les lire globalement, on prend juste toute une flopée d’images en pleine figure et qui s’imbriquent les uns dans les autres. Cette surcharge est volontaire, l’artiste parle d' »overload ». Ce terme fait référence à nos modes de communication modernes comme par exemple avec les réseaux sociaux type instagram: on fait défiler les images, on zappe sans jamais s’arrêter et prendre le temps de la réflexion de l’analyse, c’est le cas pour l’art contemporain mais également pour tout type de sujet politique ou sociétal.

       Ce brouhaha d’informations et d’images on le retrouve également dans les nouvelles pyramides présentées ici. Vous pourrez les voir en détail avec les photos qu’on partage plus bas mais elles sont vraiment incroyables, parmi les plus belles qu’il ait peintes. Pour rappel, ces pyramides sont composées de strates empilées les unes sur les autres, chaque strate comporte différents symboles, des hiéroglyphes modernes, issues de la pop-culture des années 70 à nos jours. Erik Parker y met toutes ses références, accumulées depuis l’enfance, mêlées aussi à des inspirations plus récentes. Tous ces éléments dialoguent entre eux dans une grande cacophonie dignes des chats et forums 2.0. En passant par différents chemins, ces pyramides se lisent de toute sorte de manière, on passe d’une image à une autre, d’une idée à une autre en suivant tel ou tel axe narratif. Ce qui est intéressant c’est qu’Erik Parker questionne ce flux ininterrompu qui est notre mode de communication moderne mais en même temps il adapte ses oeuvres à celui-ci pour qu’on puisse peut-être mieux les apprécier avec nos modes de lectures contemporains.

       New Mood est une expo totalement enthousiasmante par sa folie, et les oeuvres sont remarquablement exécutées pour servir ce feu d’artifice d’images. Comme il a déjà pu le faire et encore un peu plus avec cette exposition, beaucoup d’oeuvres incluent leur titre dans la composition, comme un panneau publicitaire clignotant, finalement peut-être aussi parce qu’on ne prend plus le temps de lire, ne serait-ce que le titre des peintures qu’on fait défiler sous notre pouce. Néanmoins nul doute que cette nouvelle exposition marquera les esprits, les pyramides sont top, les nouveaux portraits sont plus fous que jamais et l’artiste a aussi réalisé une nouvelle installation à l’image de celle  qu’il avait faite pour son expo New Magnetic Destiny: il aligné une série de « Plank » paintings, il s’agit de réalisations à mi-chemin entre peinture et sculpture,  des toiles au format improbable, tout en hauteur, posées sur le mur comme des planches de surf, la plus grande toute ondulée culminant à 3 mètres de haut. Le tout est à voir dans les photos ci-dessous.

All pics courtesy of Erik Parker & Mary Boone Gallery

 

Erik Parker – New Mood @ Mary Boone Gallery

Jusqu’au 21 avril 2018 à New York.