Eddie Martinez – Love Letters & Yard Work @ Mitchell-Innes & Nash

     Pour ce début de nouvelle année, la galerie Mitchell-Innes & Nash consacre ses deux espaces new-yorkais au travail d’Eddie Martinez. L’artiste américain présente donc deux expositions solos, Love Letters et Yard Work, situées toutes deux dans le quartier de Manhattan.

       Les new yorkais qui ont vu sa récente exposition Studio Wall au Drawing Center non loin de là on pu découvrir cette matière première qui sert de source d’inspiration à l’artiste: il s’agit de centaines de dessins qu’ils griffonnent chaque jour et qui constituent, accrochés ensemble sur le mur de son studio, une véritable cartographie de son esprit dans laquelle il vient piocher pour ses peintures. Pour Love LettersEddie Martinez a utilisé un même procédé, qu’il a déjà utilisé à plusieurs reprises: il vient en premier lieu poser sur une toile grand format la sérigraphie d’un dessin réalisé au feutre et qu’il a ensuite agrandi. C’est sur cette base qu’il applique ensuite la peinture et ce en utilisant différents gestes et techniques: pinceau, spatule, bombe de peinture, grattage, griffage, collage,… Mais la sérigraphie du dessin original n’est pas un carcan et l’artiste garde toute sa spontanéité, les traits imprimés ne sont pas suivis à la lettre, différentes couches les auront recouverts au cours de la réalisation et finalement le dessin n’aura constitué qu’un embryon de ce que sera devenu l’oeuvre finale.

       Vous aurez remarqué que sur chacune des peintures de cette série intitulée Love Letters, on distingue en haut le nom de l’artiste et de sa compagne, « Eddie Martinez & Sam Moyer », en bas on peut entrevoir aussi leur adresse de résidence. Par ailleurs toutes les peintures de cette expo ont un même format de 243.8 sur 190.5 cm. En fait Eddie Martinez a utilisé du papier à en-tête pour réaliser les dessins d’origine, et les éléments textuels se retrouvent sérigraphiés sur la toile au même titre que le dessin, l’artiste laisse souvent apparaitre son nom et celui de sa compagne dans la peinture, ce qui apparait comme une sorte de signature et qui prend un sens nouveau avec l’intitulé de l’expo. Comparées à ses autres peintures récentes, on constate que certaines formes plus figuratives apparaissent, aux allures de personnages un peu cartoons, volontairement enfantins, d’autres formes rappellent celles utilisées par Alechinsky, de toute manière on est jamais très loin du mouvement COBRA.

       Parlons à présent de la seconde exposition, Yard Work. Au contraire de la précédente, Eddie Martinez n’a pas utilisé ses dessins comme point de départ: cette fois il a utilisé la bombe de peinture pour dessiner directement sur la toile et créer ensuite ses compositions abstraites. En fait tous les travaux de Yard Work ont été réalisés l’été dernier à Long Island. Eddie Martinez ne trouvait pas de studio à louer et il a commencé à peindre sur la pelouse dehors (d’où le nom de l’expo), laissant même les peintures sécher à l’air libre, totalement exposées aux éléments. En s’approchant des toiles il parait qu’on peut apercevoir des insectes et brins d’herbe qui se sont collés là. Bon nous évidemment les peintures on ne les verra que de loin mais c’est déjà pas mal.

All pics courtesy of Eddie Martinez & Mitchell-Innes & Nash

 

Eddie Martinez – Love Letters & Yard Work @ Mitchell-Innes & Nash

Jusqu’au 24 février 2018 à New York