Daniel Arsham – The angle of repose @ Galerie Perrotin

      Après avoir été exposer dans les différents nouveaux espaces de Perrotin ,HongKong, Seoul et New York, Daniel Arsham revient enfin à Paris. Pour ce show intitulé The Angle of Repose, Il est venu avec un joli panel de nouveaux travaux reflétant les différents champs de recherche qu’il a exploré notamment, ses globes lunaires, ses oeuvres utilisant du sable, des jardins japonais aux sabliers.

      Dès l’entrée, on est accueilli par un gros fossile d’ours en peluche, à bas de selenite. Les cristaux de selenite peuvent être de couleur rose (comme certaines roses des sables) et c’est pour cela que l’artiste a choisi cette teinte de couleur. Dans sa précédente exposition chez Perrotin, à Seoul cette fois, l’artiste avait présenté plusieurs peluches du même genre, ouvrant un nouveau chapitre dans sa série Fictional Archeology.  Pour ceux qui n’ont pas suivi le travail de l’artiste depuis sa dernière venue à Paris, oui la couleur est arrivée récemment dans ses oeuvres, cela coïncide avec le fait que l’artiste peut voir à présent de nouvelles nuances de couleur grâce à des lunettes qu’il a découvert il y a deux ans mais le rose et le bleu dans l’exposition ne sont pas forcément des couleurs qu’il voit très bien et correspondent plus à des choix artistiques.


      Dans la grande salle sous la verrière, on découvre plusieurs sculptures mettant en avant la fascination qu’a Daniel Arsham pour la Lune, présente depuis longtemps dans son travail, rappelez vous ses peintures de cosmonautes. Ici la Lune apparait en volume, un grand globe lunaire au fond de la pièce et deux séries de 6 globes un peu plus petit représentant les différentes phases lunaires. Petit rappel du collège, lors de la rotation de la Lune autour de la Terre, la face visible de la Lune est parfois éclairée de côté, pleine face ou par derrière ce qui donne respectivement les croissants, la pleine Lune ou encore la nouvelle Lune. Ici sans schémas compliquées, les globes lunaires colorés de rose ou de bleu dessinent cette chorégraphie incroyable et merveilleuse dictée par la gravité.

       Face à lune, on découvre des sortes de bas-relief, qui sont comme des jardins zen japonais vus de dessus. L’artiste a récemment réalisé plusieurs installations, à Atlanta, New York et aussi à Rio de Janeiro. Dans la vidéo ci-dessus, l’artiste présente le jardin qu’il a réalisé à New York et qu’il a intitulé Lunar Garden (un grand globe lumineux représentant la Lune vient éclairer le jardin). Il explique d’ailleurs plusieurs éléments présents dans l’exposition The Angle of Repose, à commencer par son titre, il s’agit de l’angle de cet angle que prend naturellement, par les lois de la physique, un tas de sable (ou autre matériau) avec le sol. On est toujours ici dans les thèmes développés avec Fictional Archeology, le déclin de la matière, des objets et plus largement de la civilisation mais aussi comment la matière se repose ou peut être entretenu. C’est ce qui l’a intéressé dans ces jardins japonais, comment chaque jour les tracés faits dans le sable sont reconstitués, indéfiniment et avec la plus grande patience, une manière de les rendre éternelles luttant contre la dégradation naturelle.

      Un peu plus loin, on découvre une installation faite justement de tas de sables, en tons de roses, ce rose de la sélénite. Bon on vous avouera que cette installation nous a laissé de marbre. Alors oui on voit bien l’angle de repos de l’intitulé de repos mais l’association des fossiles de peluches et de la sculpture du mot TIME drapé ne nous a pas vraiment convaincu, contrairement au reste de l’expo.

      En revanche la dernière pièce de l’exposition, le sablier est juste magnifique. Dans ce grand sablier qui fait un peu moins de 80cm de haut (sans le socle), on retrouve à nouveau du sable coloré et dans chacune des ampoules prend place un fossile d’appareil photo tout droits sortis de la série Fictional Archeology. Avec cette installation, Daniel Arsham matérialise ce cycle dans lequel certains objets se retrouvent ensevelis sous la terre, se fossilisant, devenant des vestiges d’une civilisation passé pour être lorsqu’on retourne le sablier déterré par les générations futures.

      Evidemment c’est à voir en vrai si vous passez par Paris d’ici Noël, en attendant voici une dernière série de photos.

Daniel Arsham – The angle of repose @ Galerie Perrotin

Du 14 octobre au 23 décembre 2017 à Paris.

 

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