Christian Rex Van Minnen – Mourning Wood in Liminal Dawn @ Richard Heller Gallery

      La Richard Heller Gallery présente actuellement Mourning Wood in Liminal Dawn, une exposition de l’artiste américain Christian Rex Van Minnen. Cette dernière avait déjà exposé quelques travaux de l’artiste américain dans des expos collectives ou des foires mais c’est fois-ci elle lui consacre tout son espace. 

      Comme l’explique l’artiste dans cette interview accordée au magazine Juxtapoz, c’est probablement son expo la plus cohérente à ce jour. Celle-ci s’articule autour d’une série d’une petite dizaine de portraits, il s’agit de têtes d’hommes décapitées posées sur de grands bonbons gélifiées à la forme phallique. Ce groupe de peintures a des allures de purgatoire, chacune de ses têtes d’homme porte une inscription tatouée sur tout le visage, nous laissant imaginer leur personnalité. pour nous éclairer, voici ce que Christian Rex Van Minnen explique à ce propos:

« I am in a liminal space. It is disorienting and bewildering. I’m something, someone, somewhere in between the problem and the solution; the old and the new; asleep and #woke. I am in the darkness of individuation. It is the grieving part. The breaking down part. The humiliating part. Burning all away until what is left is a thin residue of a former self; Caput Mortuum. There is, however, an undeniable excitement about it all. It is sublime. It is an involuntary erection of the spirit. Mourning Wood in Liminal Dawn.

The paintings in this show, like the trickster, are symbolic of liminality itself. Simultaneously specific and ambiguous. The imagery in the work include themes of heads and beheading, phallus and orifice, whimsy and melancholy, fluorescence and gray, penetration and erection, sex and death, power and powerlessness. In part, I am responding to a cultural entreatment to examine heterosexual male identity. This process is a labyrinth of self-deceit, grief, hope and excitement. This work is an attempt to describe the feelings and ideas experienced in this liminal state in between what was and what is becoming. I am motivated by both fear and a desire to love more fully, and at times they seem like the same thing. »

           Cette série de Caput Mortuum (têtes mortes) est une vision cauchemardesque et grotesque à la fois. Pour ceux qui ne connaissent pas le travail de l’artiste, sa technique de peinture à l’huile est de haut vol, égalant celle des maitres de la Renaissance. Cette maitrise lui permet de peindre toutes les fantaisies qui naissent de son imagination, comme ces mélanges de bonbons colorés et de chair humaine triturée comme de la pâte à modeler, tout est photoréaliste et donc très dérangeant. D’autant que le rendu parfait attire l’oeil, fascine pas sa beauté, et ce n’est que lorsqu’on s’approche et analyse l’image en détail qu’on est déstabilisé.

      Outre la série de phalus haribo, Christian Rex Van Minnen dévoile aussi de plus grands formats, un de la même trempe intitulé The Rise of King Dick et une autre série de portraits, cette fois très différente qu’il a appelée Stone of Helen, Stone of Mary et Stone of Sophia. Ici le trio de toiles semble répondre à la série précédente: là aussi seules les têtes des personnages sont présentes mais elles sont à l’envers cette fois et fixées sur une pierre colorée, surtout il ne s’agit que de femmes alors que seuls des hommes prenaient place sur les colonnes de bonbon. En poussant le dialogue entre ces deux séries encore plus loin, on s’aperçoit que les pierres auxquelles sont accrochées les têtes de femmes sont trouées de toutes part, comme des orifices. On retrouve bien cette dualité qu’expliquait l’artiste plus haut.

      Mis à part ses peintures, l’artiste présentait aussi quelques monotypes. Ca fait plusieurs années qu’il en réalise avec une technique d’estampe bien particulière. Il vient peindre à l’encre lithographique sur des plaques de plexiglas, et sur laquelle il vient ensuite presser le papier. Le blog Rough Dreams avait pris quelques photos de l’artiste à l’oeuvre ici. Ces monotypes sont également des portraits, toujours des visages déformées, entre gueule cassée et elephantman, des expressions viennent aussi se substituer au visage mais pas sous forme de tatouage, les mots sont ici en suspension, on reste toujours dans une dimension surréaliste. Le travail de Christian Rex Van Minnen est vraiment unique et on vous invite à l’apprécier en détail avec cette dernière série de photos

All pics courtesy of Christian Rex Van Minnen & Richard Heller gallery

 

Christian Rex Van Minnen – Mourning Wood in Liminal Dawn @ Richard Heller Gallery

Jusqu’au 23 décembre 2017 à Santa Monica, Californie.

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