Bomma – Micro @ Module

       Après Take Five qu’on vous avais présenté l’an passé, la jeune galerie Bomma revient avec une nouvelle exposition collective, Micro. Celle-ci réunit à nouveau une chouette sélection d’artistes contemporains français, et elle est à voir jusqu’à ce jeudi au Module à Paris.

      L’expo se déroule donc au Module, un espace situé rue de Cyrano de Bergerac à Paris, de taille réduite mais très actif car il devint tour à tour galerie d’art, tatoo-shop ou encore pop-up store. Cependant le titre de l’expo proposé par la galerie Bomma, Micro, ne se réfère pas aux dimensions modestes du lieu. Il fait plutôt référence à ces microcosmes créatifs développés par les différentes artistes en présence.  On compte parmi eux 2Shy, David Gouny, Ilk, Alexandre Bavard, Obisk, Paul Loubet, Popay et Ymmot. Marque de fabrique de la galerie, tous ces artistes ont une histoire avec le graffiti, qui vient nourrir leur travaux studio. Cependant comme on peut le constater ici, chacun développe un univers, un microcosme bien particulier.

       L’accrochage par cluster d’oeuvres d’un même artiste permet de s’attarder tour à tour sur le travail de chacun. Beaucoup présentent ici des oeuvres sur papier, là aussi c’est l’une des marques de fabrique de la galerie Bomma, celle permet en même temps de proposer des oeuvres à prix plus accessibles. Ainsi on découvre des dessins au feutre de 2shy dans lesquels il décline ses mondes géométriques très dynamiques et colorés. Obisk  de son côté est plus sobre, avec des dessins au Rotring qui réunissent les éléments qu’il peint habituellement sur les murs, des lettres et des animaux étranges. Au dessin, encore plus qu’à la bombe, son style se fait encore plus naïf, Obisk aime à dire qu’il est prisonnier de sa maladresse, qu’il dessine comme il peut mais c’est justement ce côté un peu bancal de ses personnages qui leur donne toute leur personnalité. Toujours sur papier mais cette fois à la peinture à l’huile, Paul Loubet nous emmène vers un monde post apocalyptique, où des personnages dans un décor de jeux vidéos 80s, luttent pour leur survive entre les flammes, les alligators et les drones. Vous aurez noté quelques graffiti signés DUCON, le blaze de Paul Loubet, cachés dans le décor.

      En ce qui concerne ilk, dont on a vu beaucoup de peintures récemment, il est venu avec des travaux relativement différents, il s’agit d’études pour ses peintures mais ici les quelques motifs et plantes posés sur le papier blanc, sont plus sobres, plus délicats, et on a l’impression au final de découvrir une autre facette de Ilk. Dans la suite de l’expo, on peut voir aussi les sculptures gonflées de David Gouny, quelques portraits réalisées par Popay (il avait présenté un expo solo avec la galerie donc on vous invite à la revoir ici) et une série de peintures sur papier de Ymmot, intitulée Nocturno, très libres, très brutes avec une palette de couleurs très vives.

On termine avec les sculptures d’Alexandre Bavard, aka Mosa, qui sont disposées dans la vitrine. L’artiste avait commencé à les montrer sur internet depuis mars et voilà l’occasion de les découvrir en vrai. Confectionnées  avec des objets divers, juchées sur des socles en béton, on pense tout d’abord aux costumes de Samourais de Rammellzee mais les masques, les casques d’Alexandre Bavard, sont plus étranges ont à la fois un côté Mad Max, et un côté anachronique, avec leurs allures de casques du Moyen Age. Certaines sculptures appartiennent à la série ARMVR, probablement pour armures virtuelles, et il est vrai que ces différentes sculptures, grâce à leur mélange improbable, nous renvoie à tous les thèmes et peurs de notre temps: fuite dans les mondes virtuels et artificiels, lutte des classes sociales dignes du moyen âge, peur d’une guerre nucléaire, etc…

Bon l’expo est à voir encore jusque demain, mais au cas où vous ne pourriez pas vous y rendre voici une dernière série de photos.

   

All pics courtesy of the artists & Bomma.

 
 

Bomma – Micro @ Module

Jusqu’au jeudi 11 mai 2017, au 9 rue Cyrano de Bergerac à Paris

Ouvert de 11  à 19h

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