Bertrand Lavier – A Cappella @ Almine Rech Gallery

      Jusqu’à ce samedi, la galerie Almine Rech de Paris présentait une nouvelle exposition de l’artiste français Bertrand Lavier. Intitulée A Cappella, cette exposition présente à la fois des peintures et des sculptures, qui permettent d’appréhender les différentes directions de son travail, ses différentes chantiers.

 

       L’espace parisien de la galerie Almine Rech se sépare en trois salles d’exposition, la plus grande accueille les peintures de l’artiste. On y retrouve des séries bien connues, comme deux tableaux de la série Walt Disney Productions, des oeuvres qui s’inspirent directement de celles présentes dans un comic strip des studios Disney, intitulé en français Traits très abstraits. Dans ce dernier,  Mickey et Minnie visitent un musée qui a été imaginé par les dessinateurs de chez Disney. Pour les oeuvres présentes dans le musée de leur BD ils s’étaient inspirés d’oeuvres réelles de l’époque, et Bertrand Lavier en réutilisant leur travail pour créer de nouvelles oeuvres contemporaines réalise ici une drôle de boucle. Les peinturesWalt Disney Productions présentées dans A Cappella sont des impressions digitales sur lesquelles Bertrand Lavier est venu peindre avec de gros empattements à l’acrylique, à la Van Gogh on dira, reproduisant à l’exact l’image qui se trouve en dessous. Ce type de recouvrement est l’une des marques de fabrique de l’artiste et c’est la même technique qu’il a utilisée pour recouvrir, cette fois intégralement, deux panneaux routiers. Là aussi il s’agit d »une série d’oeuvres célèbres de Bertrand Lavier, il a récupéré deux panneaux annonçant les régions sur l’autoroute, ici Sombernon et Paysages Aixois. En accrochant ces panneaux dans une galerie, Bertrand Lavier nous permet de prendre le temps d’apprécier les paysages peints sur ces panneaux. On ne les voit d’habitude que très brièvement, à plus de 100km/h. Aussi en les recouvrant à l’acrylique, il transforme le panneau en tableau, se réappropriant l’esthétique épurée des paysages très graphiques et dont il met en avant la beauté dans le contexte de la galerie.

La série de peintures qui interpelle le plus ici reste néanmoins ce trio de toiles monochromes qui portent le nom de leur couleur: Bleu de Cobalt foncé, Vert de Cobalt et Jaune de Cadmium. Là encoreBertrand Lavier a recouvert en partie des impressions digitale, des photos de peintures. Les peintures en questions sont des monochromes, des toiles entièrement recouvertes à l’aide de gros coups de pinceau balayant une peinture épaisse, capturant le mouvement par la matière.Bertrand Lavier a créé ici une illusion parfaite, les parties de la photo qui sont recouvertes de peinture reproduisent à la perfection les coups de pinceau de l’original. La différence, le contraste entre la photo et la peinture ne peut se voir que de près, où en évoluant autour de l’oeuvre, la lumière venant révéler le jeu de texture entre le relief de l’acrylique et la surface lisse du tirage photographique.

      Dans les deux autres pièces de l’exposition sont présentées des sculptures, des colonnes tout d’abord sur lesquelles Bertrand Lavier est venu greffer des feux de voiture, il a d’ailleurs appelé ces oeuvres, les Colonnes Ford. On apprendra dans le dossier de presse, que le mot greffe n’est pas choisi de manière anodine: Bertrand Lavier a suivi des études d’horticulture. On a affaire ici à une sorte d’évolution du ready-made, dans lequel les objets fonctionnels créés par l’homme se voient offrir une nouvelle vie artistique associés à une oeuvre d’art classique.

      L’autre sculpture dévoilée s’appelle la Venus d’Amiens, on vous raconte son origine: la sculpture fait référence à une statuette datant de plus de 23000 ans et qui a été découverte sur le site paléolithique de Renancourt en 2014. Cette Vénus d’une quinzaine de cm de haut a été retrouvée en petits morceaux de calcaire, 19 au total, puis reconstituée. Bertrand Lavier a reproduit, grâce a des outils contemporains comme la modélisation 3D et l’utilisation du plâtre, le petit objet fragmenté en une sculpture atteignant quasiment 2m. A nouveau l’artiste joue avec les changements de contexte ce qu’il n’aura cessé de faire avec les différentes oeuvres de l’exposition. On termine avec une dernière série de photos.

Bertrand LavierA Cappella @ Almine Rech Gallery

Jusqu’au 15 avril 2017 à Paris

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