Arth Daniels – Plastic Surgery @ Stolenspace – The interview

arth daniels itw 19French version / English version

Arth Daniels est un artiste anglais dont le travail se concentre sur le portrait mais attention on est loin du portrait académique: pour chercher à retranscrire et magnifier au mieux les expressions du visage humain, Arth expérimente constamment de nouvelles manières de nous représenter. Dans sa dernière exposition en date, Plastic Surgery, qui a eu lieu fin d’année dernière à la Stolenspace Gallery, il avait composé, tel un chirurgien plastique, des portraits en recollant morceaux par morceaux les différents éléments du visage. De part la nature et la forme de ces éléments et l’expression de ces portraits reconstitués, on navigue entre le rire et l’effroi mais une chose est sûr, Arth, de part sa maitrise technique, nous propose des tableaux intenses qui captent le regard. Il vient de mettre en ligne une toute nouvelle version de son site web, à cette occasion on vous propose une petite interview du bonhomme qu’on avait pas encore eu le temps de traduire.

 

Bonjour Arth, Plastic Surgery (chirurgie plastique) est ta seconde exposition personnelle à la Stolenspace gallery. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la thématique de cette expo? Comment l’as tu choisie?

Plastic Surgery est une série de portraits assemblés qui vous invite à explorer la magnificence de l’expression faciale et à comprendre, analyser exactement ce qu’il faut pour faire un portrait.

Toutes les peintures ont des noms faisant référence à la chirurgie esthétique: teeth whitening (blanchissement des dents, chemical color peel (peeling chimique) dermabrasion, (heureusement tu fais des portraits sinon on aurait pu imaginer pire..). La chirurgie plastique est un moyen pour les gens de faire leur propre portrait: certains veulent le nez d’un fameux top-model, ils veulent les dents blanches des stars d’Hollywood, en fait ils veulent prendre des morceaux de visage qu’ils ont vu dans les magazines de mode et en faire un nouveau portrait pour eux. C’est l’idée qu’il y a derrière ton exposition?

C’est une partie du concept de l’exposition, oui. Mais ce n’est pas à prendre trop au sérieux, ce que je veux dire c’est que bien sûr il y a beaucoup de choses négatives à propros de la chirurgie plastique mais je ne cherche pas à exploiter  ou accabler quoi que ce soit avec ce travail. Les peintures consistent en différentes parties du visages, des parties qui ne se compléteraient pas naturellement et leur résultat c’est au spectateur de décider. Mais plus important il y a un aspect joyeux et ludique, plus qu’aucun autre travail que j’ai réalisé sur le sujet précédemment.

 

Tu as réalisé des nez, des bouches, des yeux en pâte polymer pour créer les modèles pour tes peintures. Et ensuite? Tu as joué avec ces pièces pour trouver la bonne composition? Comment as-tu procédé, c’était totalement aléatoire?

Pas totalement aléatoire mais au début j’ai beaucoup joué avec les compositions, il y a un processus. Les images doivent habituellement parlé d’elles mêmes quand c’est le moment de choisir ce que je vais peindre, elles doivent avoir une espèce d’étincelle qui sera bien retranscrite une fois reproduites sur un plus grand format. La composition,  la palette de couleurs, tout doit être pris en compte.

J’aurais en fait la même question pour ton exposition précendente, Itsa Bitsa, Face & Bone, les assemblages qui créaient les portraits étaient encore plus complexes: on y trouvait des morceaux de LEGO, des jouets, des bonbons, tu avais encore plus de possibilités, n’est-ce pas?

Il y a en effet plus de variété et de possibilités mais je voulais m’appliquer plus de discipline pour cette nouvelle exposition et m’imposer un petit peu plus de challenge. Les sélections aléatoires d’objet peuvent signifier quelquechose de différent pour chaque personne, je voulais limiter ça un petit peu pour que mon travail ne soit pas juste vu mais compris.

 

Il y a une peinture vraiment imposante dans l’exposition, Full Fatial, tu as peint 9 grand format allongés qui, lorsqu’ils sont alignés, s’associent dans une grand peinture panoramique qui a été coupée en 9 parties (jetez un oeil à la photo c’est plus simple). Cette pièce a du être assez difficille a réaliser, non? J’ai vu qu’en fait chaque partie était intitulée Incision #1, Incision #2, .. peux-tu nous dire pourquoi l’as-tu découpée ainsi?

Celles-ci ont en effet demandé beaucoup de travail et d’effort mais ce n’était pas une tâche difficile, j’avais juste besoin de beaucoup de concentration et le résultat était vraiment gratifiant une fois accompli. La raison pour laquelle elles ont été séparées c’était de rester dans le thème de la chirurgie, et de l’assemblage d’un portrait. C’est aussi pourquoi elles sont appelées Incision, c’est un terme chirurgical pour couper et ces sortes de coupures sont extrêmement récurrentes dans la pratique de la chirurgie plastique.

Photo © Ken Goodall

 

Ce qui est intéressant dans ce tableau, Full Fatial, est qu’il existe plein de combinaisons différentes qui peuvent être des portraits potentiels, on peut mettre en lumière différentes constellations qui forment un visage et ainsi cette peinture apparait toujours nouvelle à nos yeux,. C’était ton but?

Exactement.

 

Ton travail a l’air à fois amusant et effrayant, tu joues aussi bien avec des crânes, des organes, des yeux qu’avec des jouets, de la pâte à modeler, des masques. C’est un peu comme un cirque maléfique ou un dessin animé d’épouvante. Es-tu du même avis et quelle est le sentiment du public en général?

Les oeuvres sont généralement bien accueilli ce qui est toujours agréable mais pas toujours compris. Beaucoup de gens ont trouvé mon travail du début effrayant, tu as raison.

Si on se balade un peu dans ton portfolio, tes séries de peintures sont toutes différentes, il semble qu’à chaque nouvelle exposition personnelle ou collective tu montres quelque chose de différent, il y a toujours de nouvelles idées, les portraits de grimaces avec le scotch, tes assemblages d’objet, le rajout de typographie, etc.. Es-tu toujours dans une phase d’experimentation?

Oui je le suis, j’aime me mettre toujours au défi and je cherche à chaque fois une perspective originale. Il y a et il y a toujours eu une place pour la répétition dans l’art mais la répétition a une durée de péremption et je pense que la variété et l’exploration sont les clés pour maintenir son travail intéressant et excitant.

 

Mais il y a tout de même une constante, les expressions faciales de tes portraits, elles sont toujours fortes, intenses, c’est ce que tu recherches?

Oui tout à fait.

 

J’ai lu que lorsque tu étais enfant tu voulais travailler comme maquilleur en effets spéciaux pour le cinéma. Quand as tu décidé d’étudier l’art au lieu d’avoir une carrière dans l’industrie du cinéma?

J’aimais l’idée de faire carrière dans le cinéma mais il n’y avait pas de chemin clair ou de cursus d’étude pour y arriver et je n’ai pas poursuivi ça sérieusement en grandissant. Cependant je suis toujours resté fan de ce type de cinéma et à mon avis ça le restera.

Photo © Ian Cox

 
Revenons un peu à l’exposition Plastic Surgery: tu as amené une édition de 10 sculptures, Pick Your Nose, qui sont des visages vides que les gens peuvent customiser en prenant un nez par ci, une oreille par là, une bouche, tout ça pour créer leur portrait. Les morceaux de visage sont en fait ceux que tu as utilisés pour tes peintures, c’est bien ça? Comment ça s’est passé le soir du vernissage, est-ce que les gens se sont disputé certaines parties? Cela a du être un moment amusant, ça me fait penser à Monsieur Patate.

Chaque morceau de visage est numéroté and les collectionneurs, les gens qui souhaitent acheter une sculpture reçoivent une carte en édition limitée qui leur permettent d’écrire dessus les numéros des parties qu’ils ont choisies. Certaines pièces étaient très populaires mais il y a un large choix pour que les gens ne se retrouvent pas à cours d’option.

En 2008 tu as été exposé à la National portrait gallery pour le prestigieux prix BP, comme ça s’est passé, comment as tu été sélectionné?

C’est une compétition ici aux Royaumes-Unis, tu es choisi par un panel de juges parmides milliers de participants. J’ai été très chanceux.

 

Comment as tu perçu cette exposition, parce que tu démarrais juste en tant qu’artiste, non? C’était plus d’opportunités ou plus de pression pour toi?

Non vraiment pas, c’était surréaliste sur le moment mais il y avait vraiment très peu de pression.

Il y a quelquechose qui m’intrigue: le portrait que tu as exposé justement à la National Portrait Gallery, Wordtomother, avait les yeux masqués sur ton site web, pourquoi?

Quand la peinture a été mise en ligne pour la première fois, l’identité de l’artiste Wordtomother était un secret, ce n’est plus le cas à présent mais le portrait avait l’air intéressant avec cette barre de censure, je ne l’ai juste pas changée.

 

Quand tu ne travailles pas sur tes expositions pour la Stolenspace Gallery, sur quoi travailles-tu? As tu cherché à exposer à l’étranger?

Je travaille sur des commissions, des portraits privés, ça va du portrait traditionnel à des portraits plus expérimentaux, cela dépend de ce qui intéresse le client. La diversité récompense à la fois le modèle et l’artiste. J’aimerais exposer à l’étranger mais les opportunités sont rares étant donné que je suis basé au Royaume-Uni et les opportunités d’exposer à l’étranger sont rarement simples.

Si quelqu’un te commande un portrait aujourd’hui, je serais curieux de savoir ce que tu lui proposerais.

De telles commissions sont rarement toutes tracées, elles prennent beaucoup de temps avant d’être mûres et j’apprend généralement à connaitre le modèle pour décider ce qui est le mieux pour lui par rapport à ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas.

 

Enfin dernière question, quels sont tes futurs projets?

Il y a beaucoup de nouveaux projets en cours. J’espère éditer un print durant cette nouvelle année et participer à quelques concours si j’en trouve le temps.

Merci beaucoup pour ton temps Arth.

English version:

Arth Daniels is a UK artist whose work focuses on portrait but be aware we don’t talk about academic portrait: to retranscribe and glorify the facial expressions of human being, Arth always experiments new ways. In his last show Dans sa dernière exposition en date, Plastic Surgery, qui a eu lieu fin d’année dernière à la Stolenspace Gallery, il avait composé, tel un chirurgien plastique, des portraits en recollant morceaux par morceaux les différents éléments du visage. De part la nature et la forme de ces éléments et l’expression de ces portraits reconstitués, on navigue entre le rire et l’effroi mais une chose est sûr, Arth, de part sa maitrise technique, nous propose des tableaux intenses qui captent le regard. Il vient de mettre en ligne une toute nouvelle version de son site web, à cette occasion on vous propose une petite interview du bonhomme qu’on avait pas encore eu le temps de traduire.

 
Hi Arth, Plastic Surgery is your second solo show at Stolenspace. Can you tell us a few words about the theme of the show? How did you choose it?

Plastic Surgery is a series of assembled portraits which invite the viewer to explore the grandeur of expression and to examine exactly what it takes to make a portrait.

 

All the paintings have some names related to plastic surgery: teeth whitening, chemical color peel, dermabrasion,… (hopefully you are a portrait artist, we cous have imagined worts things 🙂 ). Plastic surgery is a mean for people to modify their portrait: some people want the nose of a famous model, they want the white tooth of hollywood stars, in fact they want to pick some face parts that they have seen in fashion magazine and make a new portrait of them. That’s the idea behind the show?

This is part of the idea behind the show, yes. But it is not to be taken too seriously, I mean of course there are a lot of negatives to plastic surgery, but I’m not looking to exploit anything with the work. The paintings do consist of different styles of facial features, ones that wouldn’t naturally be suit each other. and the results are for the viewer to decide. But more importantly, its a light hearted approach than other work I’ve created on the subject.

Photo © Ian Cox

 
You have made some nose, mouth, eyes in polymer clay to create the models for your paintings. And then, you played with them to find the good composition? How did you proceed, was it totally random?

Not totally random but i do play around with compositions a lot first, there is a process. Images usually have to speak for themselves when it comes to choosing what i paint, they have to have some sort of spark in order to translate well when painted on a larger scale, compositionally, and colour wise. Everything has to be considered.

 

I would have the same question for your previous show, Itsa Bitsa, Face & Bone, the composition that create the portrait were even more complex, there are some lego parts, some toys, candies, there were even more possibilities, weren’t there?

There is more variety and possibilities yes, but i wanted to apply more discipline to this show and provide myself with a little bit more of a challenge. Random selections of objects can mean something different to everyone, I wanted to narrow this down a little so the work was not just seen, but understood.

There’s a massive painting in the show, Full Facial, you have painted 9 high canvas that, when they are aligned, look like a big panoramic painting that has been cut in 9 parts. It must have been something hard to achieve? I’ve seen that each part is called Incision #1, Incision #2, …can you tell us why did you cut it like that?

These did take a lot of work and effort but they were not difficult, they just needed a lot of focus and were throughly rewarding when they were completed. The reason they are separated is to keep within the theme of surgery, and the splicing of a portrait. This is also why they were named ‘Incisions’ – Its a surgical term for ‘cut’ and these sorts of cuts are made in the practise all of the time.

 

What is interesting in this Full Facial painting, is that there are plenty of combinations that can be potential portraits, we can highlight different constellations that look like a face and so the painting looks always new to your eyes. That was the goal?

Yes.

Your work looks both funny and scary, you play with skulls, hearth, eyes and you mix them with toys, clay, masks. It’s like a scary circus or cartoon. Are you agree with that and what is the reaction of the public?

The work is generally well received which is nice, but not always understood. A lot of people did find the earlier work scary, you’re right.

 

If we browse your artworks from your portfolio they are all different, it seems that each time you show something different either in a solo or a group show, there’s always some new ideas. There are the blow portraits, then the ones that use tape to create some grimaces, the portrait made up from toys, skulls, eyes, etc… from the Ista bitsa, Face an Bone show, and for the Love & Hate group show, you have done some compositions with typo inside. You’re always in a phase of experimentation?

Yes I am, I like to keep challenging myself and I always look for an original voice and perspective when doing so. There is and always be a place for repetition in art, but repetition has a limited shelf life and I believe that variety and exploration is key to maintaining interesting and exciting work.

 

But there’s always a constant: the face expressions, they are always strong, intense, this is what you are after?

Yes.

I’ve read that when you were a kid you wanted to work as a make-up artist for cinema special effects. When did you decide to study art instead of have a career in the cinema industry?

I liked the idea of a career in cinema, but there was no clear route or path of education towards it and I never pursued it seriously when growing up. I have always been a fan though, and I suspect that’s how it will stay.

 

Let’s talk again about the Plastic surgery show: there is an edition of ten sculptures,  »Pick your nose » that are some empty faces that people can customize by picking up some nose, ears, eyes, mouth to create their own portrait. The face parts are the one you used for the painting, right? How did it happen during the opening, did some people fight for some of the parts? It must have been a funny moment, it makes me think about Mr Potato Head.

Each facial piece is numbered, and collectors/ people who wish to buy the sculptures receive a limited edition card that allowed them to write down the numbers of the facial features that they wanted to make their customised portrait on the opening night. Some pieces were very popular, but there is a large variety so people are never short of options!

In 2008 you have been exhibited at the National portrait gallery for the prestigious BP award, how did it happen, how have you been selected?

Its a competition here in the UK, you get selected by a panel of judges out of thousands of entries, I was very fortunate.

 

How did you feel after this exposure, because you just started as an artist, right? It was more opportunities or more pressure for you?

Not really no, it was surreal at the time but there was very little pressure.

There’s something that puzzled me: the portrait exhibited at the National Portrait Gallery, Wordtomother, has the eyes hidden on your website, why?

when the painting was first created, and posted online the identity of the artist ‘Wordtomother’ was a secret, this isn’t the case any more but the portrait still looks interesting with the censor bar on it. I just haven’t changed it.


When you don’t work on shows for Stolenspace, on what do you work? Do you try to have some exhibition abroad?

I work on private Portrait commissions, ranging from traditional portraits to more experimental portraits depending on what the client is interested in. Diversity is rewarding for both the sitter and the artist. I’d love to exhibit abroad, but I rarely get the opportunity as I am based here in the UK and opportunities for shows abroad aren’t that simple.

If someone commissions you a portrait today, I would be curious to know what will you propose to him?

Commissions are rarely straight forward, they take a lot of time to get right so I would generally get to know the sitter and decide what is best from their likes and dislikes.

 

And last question, I guess you need some rest after working on that show but what are your future projects? 

There are many new projects in the works. I hope to have a print release for sometime in the new year, and a few competition entries if I can find the time.

 

Many thanks for your time Arth

 

Merci à Arth Daniels, Ian Cox, Ken Goodall et la Stolenspace Gallery pour leurs photos.

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