Artcurial – Vente Street art du 22/01/13

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Rendez-vous dorénavant récurrent chez Artcurial, la fameuse vente Street Art.
Bien sûr le plus intéressant pour ce genre d’enchères ce sont le nombre de pièces vendues et les résultats en euros sonnants et trébuchants que vous pouvez voir ici, ou encore .
Mais aussi le rapport des différents protagonistes à ce concept qu’est une vente aux enchères.


 
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En premier lieu on peut se demander pourquoi?
Oui, pourquoi organiser une telle vente quand on sait que beaucoup de street artistes français et étrangers ne sont pas sold out en galeries.
Est-ce un constat d’échec des galeries (bien sûr que non,hein…)? Une braderie d’invendus avec seulement quelques pièces de prestige? Ou bien l’envie de tous les acteurs concernés de créer un événement d’exception pour promouvoir l’art dit urbain en espérant au passage pouvoir raccrocher au wagon les acheteurs d’art contemporain?
La dernière proposition semble la plus vraisemblable.
Mais pourquoi donc vendre des œuvres qui datent d’un ou 2 ans, aussi bien originaux que des multiples?
Je ne suis pas spécialiste du marché de l’art mais n’y a-t-il pas moyen d’avoir ce genre de pièce au prix galerie plutôt que de passer par une vente aux enchères?
On aurait bien aimé avoir une réponse, surtout quand, dans une interview, le commissaire de la vente explique sans se démonter qu’il se fournit parfois directement chez les artistes… Là on en reste bouche bée.
Vous noterez qu’on passe pudiquement sous silence l’estimation proposée pour les jouets de Futura (et sold) parce qu’on avait pas autant ri depuis la rediffusion du film La Chèvre pendant les vacances de noël.
 
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Pourquoi ne pas imaginer un monde féerique et idyllique où l’acheteur irait directement dans l’atelier de l’artiste pour parler avec lui et appréhender l’œuvre qu’il va acheter différemment (on peut rêver, mais c’est impossible bien sûr, on est pas cons… quoique), ça aurait plus de gueule que de soulever une plaquette dans une salle de vente.
 
Comprenons nous bien, nous n’avons rien contre les ventes aux enchères, on aime ça même. Le côté festif et l’ambiance de casino ne nous laisse pas indifférents.
Mais il faut que cela reste exceptionnel pour des œuvres exceptionnelles.
Ok, ils ont un original de Banksy on est content pour eux, mais que penser du clou de la vente.
La fameuse vente de sérigraphies d’Obey. Sérieusement qui paye 700€ pour un print de Shepard Fairey? Parce que là il faut donner des noms, faut les prévenir les gars. À l’époque j’avais payé le mien 70€ en galerie en 2006, c’est quoi le concept? La cote a été multipliée par dix en six ans?
De plus vous avez pu voir la même chose à la galerie Magda Danysz il y a quelques mois.
 
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On va s’arrêter là et vous laisser méditer sur l’interview de monsieur Arnaud Oliveux (première partie ici et la seconde ). Avec entre autre le passage où il dit qu’il est un défricheur de nouveaux talents jamais exposés parce que c’est vrai, quoi, les galeristes sont pas très compétents. Il a l’air tellement sincère qu’on se demande même ce qu’il attend pour ouvrir une galerie.
 
Bref, rien de nouveau sous le soleil du graffiti et du street art. Récupération sur fond de bons sentiments par des gens qu’on aurait pas forcément choisis. Mais bon, c’est la vie.
On est très heureux pour les artistes (sincèrement) mais on leur dit aussi au revoir avec la main comme sur le quai d’une gare,parce qu’on a plus d’argent pour se payer un billet pour le voyage.
Le nerf de la guerre reste toujours le même.
On veut tous de l’argent, les vendeurs, les maisons d’enchères et les artistes. Et si certains peuvent mettre des sommes importantes dans ces œuvres,tant mieux pour eux faut bien se faire plaisir.
Mais là ça sent la pauvre bulle spéculative française qui court après celle de De Purry entre autre.
 
Mais personne n’est dupe, le but à moitié avoué est de faire de l’art urbain ce qui a été fait de l’art contemporain: un marché de plus.
L’ouvrir aux acheteurs réguliers et de préférence fortunés d’art contemporain pour leur faire comprendre que ce n’est qu’un style de plus et que ça ferait très bien dans l’entrée ou le séjour à côté du Murakami.
 
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Pas de conclusion pour ce petit billet, on ne cherche pas à se poser en donneur de leçons à vrai dire on s’en fout, on ne fait que constater et encore plus ou moins. Chacun des arguments peut se discuter en voyant soit le bon, soit le mauvais côté des choses.
Bien sûr on aurait préféré un salon consacré à l’art urbain pour exposer tous ces artistes connus ou en devenir.
Mais on se contentera de ce qu’on a. Et vivement la prochaine vente chez Cornette de Saint Cyr qu’on se remarre un peu.

A ce propos je profite de cette tribune pour dire haut et fort à la face du marché de l’art et je le dis sans peur aucune… J’ai un print de Murakami à vendre.
Cote Artcurial 2500€, cote galerie 1500€, ma cote 900€, avis aux amateurs…
 
 
 
Crédit photo: Artcurial
 
 

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