Antwan Horfee – Sorry Bro @ Ruttkowski;68

      Antwan Horfée est de retour à Cologne, chez Ruttkowski;68. Depuis son premier passage il y a un peu plus de deux ans, la galerie a investi un plus grand espace et il n’en fallait pas moins pour accueillir toutes les oeuvres de cette exposition intitulée Sorry Bro. Ce titre en forme d’excuse souligne le choix d’Horfée de continuer à explorer les techniques et les supports traditionnels à une époque où l’art offre de multiples possibilités et de média différents. Mais l’artiste français entend bien pour le moment continuer à explorer les possibilités des techniques classiques pour se les réapproprier notamment en construisant petit à petit son propre language.

      Ainsi comme pour Traditionnal Occupations, son précédent show dans la galerieAntwan Horfée présente des oeuvres sur toile ou papier. Comme annoncé, les techniques sont aussi des plus classiques: peinture acrylique, bâton d’huile, un peu de peinture à la bombe où à l’airbrush et cette fois il  a aussi utilisé la technique du transfert et de la sérigraphie (avec l’aide notamment des gens du Paris Print Club située en dessous de la galerie P38). Même pour les éditions, on reste dans le traditionnel avec de la gravure sur cuivre. Cependant si les techniques sont classiques la manière de les utiliser l’est moins et, pour beaucoup d’oeuvres de l’expo,  Horfée a mixé les différents procédés et surtout sans échelle de valeur, un dessin à la craie grasse ayant autant sa place sur la toile qu’un aplat de peinture qui a pu lui recouvrir une élément sérigraphié. Horfée utilise toute cette panoplie de technique de manière très spontanée et avec une très grande liberté. Et si ses oeuvres apparaissent très vivantes c’est aussi parce que leur création a été très mouvementée, certaines étant passés par de nombreuses étapes avant qu’un calme tout relatif ne s’installe dans ce chaos. Voyez par les différentes phases de cette peinture commencée attaquée à la sérigraphie.

      Comme vous pouvez le constater sur les images, les nouvelles peintures ou dessins d’Horfée s’articulent autour de compositions denses et complexes, encore plus que d’habitude. Elles sont très dynamiques, colorées et l’action se passe sur de nombreux plans. Les oeuvres continuent de glisser vers l’abstraction mais l’artiste fait intervenir aussi quelques éléments un peu plus figuratifs. Ainsi on reconnait des motifs, des symboles, ils proviennent tous de ce langage que l’artiste a construit au fur et à mesure et qui s’inspire de multiples influences. Et ces influences sont nombreuses, Horfée se nourrit d’univers esthétiques très différents, certains très populaires et d’autres à l’inverse plus confidentiels. Ainsi ces éléments  figuratifs peuvent tout aussi venir des mangas japonais ou des premiers cartoons américains  que des graphismes des QSL cards ou des Menko cards que l’artiste collectionne. Même du point de vue formel ou de la composition de la peinture, l’artiste s’inspire autant de l’art contemporain que de l’univers de la bande-dessinée, les abstractions à l’acrylique cohabitent sur la toile avec les lignes de vitesse ou les cases des BD. C’est le leitmotiv de ce mouvement appelé Comic Abstraction, réutiliser les éléments des comics, des bandes dessinées, les compositions, les traits, la manière de dessiner les ombres, les formes des personnages pour constituer un nouveau langage artistique.  Une fois de plus il n’y a plus d’échelle de valeur, Horfée transforme tout en art.

      Outre les peintures et les dessins, Horfée présente aussi une série de peintures sur matelas gonflable, il en avait réalisé pour la première fois l’an passé c’était lors de sa résidence à Londres pour l’exposition Venturing Beyond, et nous avions pu en voir à nouveau cette fois dans plusieurs expos collectives parisiennes. A mi-chemin entre sculptures et peintures, ces matelas qui sont posés nonchalamment sur les murs montrent une fois de plus que l’artiste aime à tout transformer en art. C’est aussi une manière de déclarer haut et fort que l’art n’est plus quelque chose lié au précieux et que cette peinture sur cet objet incongru, qui ne semble pas à sa place dans la galerie est un objet artistique à part entière. Aussi ces petits boudins colorés sont vraiment très fun, et nous ramènent d’une certaine manière à une époque où la création artistique était peut-être la plus pure, en enfance.

      Nous terminons avec une dernière série de photos, en vous précisant que l’exposition Sorry Bro est visible jusqu’au 26 mars prochain à Cologne. N’hésitez pas à contact et la galerie pour obtenir le catalogue des oeuvres et demandez leur aussi pour les éditions disponibles. L’année devrait être chargée pour Horfée et il a déjà une autre expo de prévu sous peu au japon cette fois.

  

All pics courtesy of Antwan Horfee & Ruttkowski;68

 

  Antwan Horfée – Sorry Bro @ Ruttkowski;68

Jusqu’au 26 mars 2017 à Cologne.

 

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