Alëxone Dizac – MOMent Donné @ David Bloch Gallery

     Alëxone est de retour à Marrakech pour une nouvelle exposition personnelle à la David Bloch Gallery. C’est la troisième fois que l’artiste français expose là-bas en solo, lors de ses précédentes venues il avait réservé de belles surprises et cette fois encore il nous étonne.

       L’exposition s’intitule MOMent Donné, et comme le laisse devenir les 3 premières lettre en capitale, il s’agit d’un hommage à sa Maman. Et Alëxone s’est vraiment donné pour préparer ce nouveau show parce que ouah mais qu’est-ce que c’est beau! Des fois il faut dire les choses simplement, ça pète de couleurs, ça brille de partout, c’est lyrique, totalement épique. Tous ces personnages qui s’affrontent ou s’entremêlent sur plusieurs plans, c’est totalement fou, on est emporté dans ce torrent visuel, c’est un opéra baroque au pays des cartoon,  et on porté tour à tour par le récital des pingouins masqués puis des éléphants aux yeux laser et ainsi de suite. Il faut dire aussi que les différentes œuvres de l’exposition, peintes sur tissu ou papier, ont été réalisées sur des formats particulièrement grands ce qui rend le spectacle encore plus impressionnant.

 

      Comme vous pourrez le voir sur les photos des œuvres en détail, la technique de l’artiste est toujours aussi maitrisée et minutieuse, maniant les effets de relief, de transparence et d’ombre avec dextérité mais il s’autorise aussi parfois quelques coulures, quelques moments un peu plus lâchés pour ajouter encore un peu plus de vie à ses toiles. Nous vous avions parlé un peu plus haut de quelques surprises, il s’agit en l’occurrence d’une série, et même de plusieurs séries, de bas reliefs.  Ces bas reliefs sont le fruit d’une collaboration d‘Alëxone avec DMD Art Design et les artisans locaux qui avaient déjà travaillé sur les sculptures en cuivre de Banana Spleen, sa précédente expo chez David Bloch. DMD Art Design avait déjà créé pour l’artiste des chassis en forme de personnages  pour son précédent show Les Vides Denses, ici ils ont réalisé les assemblages de bois sur lesquels l’artiste est venu peindre. Côté Maroc, les artisans spécialistes de la dinanderie ont confectionné les parties en cuivre qui sont venus sertir sur les bas reliefs.

      De Paris à Marrakech, ces œuvres en relief se sont faites au fur et à mesure des allers-retours de l’artiste entre les deux équipes, lançant quelques lignes directrices sans totalement savoir le rendu qu’auraient les pièces finies. Et bien au final c’est une belle réussite car le mélange fonctionne totalement et donne quelques pièces assez mythiques, il faut dire aussi que tous, Alëxone et les équipes d’artisans, ont réalisé un vrai travail d’orfèvre. Il y a tout d’abord ces bas-reliefs en forme de nuages, ces nuages camouflages qu’on retrouve dans les peintures d’Alëxone et qu’il a aussi pour le coup installer sur la façade de la galerie, entourant  la vitrine d’un très joli camaïeu  brumeux. Pour les nuages en bas-relief, l’artiste est venu peindre directement sur certaines parties en bois, et on découvre ainsi quelques groupes de personnages camouflés dans les différents remous du nuage. Tout comme pour ses travaux sur toile, l’artiste a joué avec les différents niveaux de profondeur, rendant la lecture de l’œuvre on ne peut plus ludique.

      Outre les nuages, Alëxone s’est replongé dans ses oedieperies, ses tags à la fois graphiques et calligraphiques. Comme il nous le rappelle, il avait déjà réalisé un grand Oedip sous forme de sculpture murale qu’il avait installé à la Galerie LJ pour son expo T’as le look crocro. Huits ans plus tard, il a eu envie d’appeler cette nouvelle évolutions, en bois et cuivre, les Oedip 2.0. Leur style épuré vient contraster avec les formes plus organiques des nuages, changeant le rythme dans cet accrochage coloré.

      Enfin n’oublions pas non plus les deux grosses têtes de personnages, d’1m d’envergure toute de même, où là l’artiste a voulu s’amuser à fond avec la dinanderie, que ce soit celle avec les grosses lunettes de kéké dorées ou encore celle tout en cuivre ajouré avec les pingouins qui lui sortent des yeux elle viennent ajouter une bonne dose de folie encore en plus à cette belle exposition.

Nul doute que l’artiste devrait continuer encore à imaginer des choses en relief par la suite, encore plus complexes et avec encore plus de profondeur, à l’instar de qu’il développe sur papier et tissu. D’ailleurs on vous laisse regarder la sélection d’œuvres qui suit pour en apprécier tous les détails encore et encore.

 All pics courtesy of Alëxone & David Bloch Gallery

Alëxone Dizac – MOMent Donné @ David Bloch Gallery

Jusqu’au 17 juin 2018 à Marrakech