Alexandre Bavard – Ozone @ GalerieP38

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      Depuis quelques semaines, la GalerieP38 présente Ozone, la nouvelle exposition d’Alexandre Bavard, que vous connaissez peut-être sous son nom de graffeur Mosa. Après Saeio et Horfee voici donc un nouveau membre du PAL Crew qui vient investir la sympathique galerie parisienne pour présenter son travail personnel. Et une nouvelle fois, il s’agit d’un projet ambitieux. En effet si depuis sa sortie des Beaux Arts de Lyon, Alexandre Bavard développe un univers qui navigue entre science-fiction et métaphysique, ici l’artiste pousse les frontières encore plus loin, frontières entre réel et virtuel, frontières entre l’artiste et le spectateur, comme un monde en expansion dans lequel on ne peut être qu’aspiré.
 
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       L’exposition est très dense et s’appuie sur différents médiums, différents médias: vidéo, installation, musique, textes, performance et évidemment dessins et peintures. Commençons par ces peintures sur toile ou papier, à l’heure où nous passons quasiment plus de temps à regarder le monde au travers d’écrans qu’à le regarder directement, Alexandre Bavard a voulu peindre cette nouvelle réalité, une réalité virtuelle. Il nous met face à cette distorsion qui nait de l’écart entre le monde réel et ce monde vu par le prisme technologique, un monde souvent plus beau que la réalité, plus brillant, un rêve dans lequel on peut même se noyer. Mais l’artiste ne se positionne pas comme un esclave de l’univers virtuel, bien au contraire il en est le maître, le créateur. Alors que ces toiles auraient pu être conçues par la machine, à l’ordinateur, Alexandre Bavard a appris, expérimenté les techniques, notamment à l’aérographe, pour créer ce monde ultra complexe, de la plus petite particule de lumière à ces grands ensembles géométriques qui structurent ses peintures. De l’échelle microscopique à l’échelle macroscopique, voir astronomique pour les très grands formats, l’artiste reste le grand ordonnateur de ce monde virtuel inspiré par les machines.

 

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      Aussi, Alexandre Bavard réutilise la science comme matière à rêve, la science fiction, la science fantasy. On replonge dans les jeux vidéos et les bd pour lesquels la science n’était pas juste un outil du capital, comme il peut l’être à notre époque, mais une porte vers un monde dans lequel on pouvait s’enfuir; c’est ce qu’on fait un peu ici avec ces grandes toiles qui de dressent devant nous comme des portails spacio-temporels. Le temps et l’espace semblent d’ailleurs se comporter d’une drôle de manière: on passe d’un paysage de montagnes digitales, à une autre peinture plus chaotique, faite de poussière d’étoiles comme si l’on était remonté très tôt dans l’histoire de notre univers, entre ces deux extrêmes on croise aussi un heaume de l’époque moyenâgeuse. Le temps semble ici se réduire en un unique point mais il en va de même pour l’espace, les différentes lieux qui ont influencé Alexandre Bavard se télescopent aussi: ses origines géorgiennes qui ressortent de ses tracés calligraphiques et évidemment son voyage à Beyrouth qui a donné naissance aux Bulkyries, personnages recouverts d’un voile intégral et portant des lunettes aux verres irisés, pour le côté SF.

 

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      L’artiste s’est totalement livré dans cette exposition, on y découvre tout son travail de recherche, schémas et autres croquis, utilisés notamment pour élaborer le Bulky, « un sytème de notation du mouvement généré par le tag » comme l’artiste l’explique dans ses écrits. Ce travail est totalement fascinant, Alexandre Bavard a créé toute un système d’écriture de partitions chorégraphiques permettant de rejouer les mouvements effectués lors des tags qu’il fait sous le nom de Mosa. Point culminant de cette réflexion, une performance a été réalisée pendant l’exposition, au cours de laquelle une danseuse, revêtue d’un costume de Bulkyries a réalisé une chorégraphie entièrement basée sur le système élaboré par l’artiste. La performance a été faite entourée de figurants, eux aussi costumés, l’ambiance devait être impressionnante.

 

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On retrouve tout ce travail de recherche dans un ouvrage, qu’on trouvera dans un coffret réunissant aussi toute une série d’entretiens avec ses proches (dispo seul aussi), une réédition de son zine Berutodamas et aussi une création sonore réalisée avec Antoine Kgt (du groupe Syracuse). Alexandre Bavard partage ses souvenirs, son histoire, nous invite dans son intimité, on est alors au plus proche de sa démarche.

 

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     Pendant le temps de cette expo intitulée Ozone, Alexandre Bavard nous invite à découvrir son oeuvre, une dimension parallèle dans laquelle on peut faire l’expérience d’une autre réalité, et s’interroger sur la nôtre par la même occasion. Ozone est encore visible jusqu’au 2 juin à la GalerieP38

 


 

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Alexandre Bavard – Ozone @ GalerieP38
 

du mercredi au samedi de 14h à 19h
 

33 ter rue Doudeauville à Paris
 

 

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